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Les livres en Lorraine - Page 2

  • Jeanne d'Arc : le procès de Rouen

    Le 21 février 1431 s'ouvre l’un des plus fascinants et décisifs procès de l’Histoire : celui de Jeanne d’Arc. Cette jeune fille de 19 ans, prétendue analphabète, hallucinée, hérétique, sera en moins de cent jours condamnée à être brûlée vive.

    Dès le premier interrogatoire, les juges, Cauchon en tête, assènent les coups. Ils sont prêtres, docteurs en théologie, familiers du droit canon, décidés à la faire plier.

    Dès sa première parole, Jeanne, seule à la barre, déjoue les pièges des hommes d’Église et de loi. Elle fait preuve d’un ton libertaire, habile et plein d’humour qui les déstabilise par la force de sa sincérité. Les voix, puisque c’est là l’essentiel, portent.

    Cent jours durant, va se jouer, en cette froide salle d’audience, l’éternel combat de la vérité.
    Tout procès se conclut dès la première audience. Jacques Trémolet de Villers, plaideur des plus importants procès politiques de ces dernières décennies, décrypte les paroles échangées et nous livre, en voix off, son commentaire jour après jour.

    Il introduit son lecteur dans la salle, lui fait comprendre les convictions des parties, et surtout lui fait saisir le courage sensible du personnage de Jeanne, jusqu’à craindre l’issue…
    ll y a du bon dans la procédure. Elle conserve, comme des pierres précieuses dans une châsse, un véritable trésor, et demeure en dernière analyse la seule raison sérieuse d’organiser la justice des hommes. Le texte intégral du procès, seul témoignage à faire véritablement entendre Jeanne, a été élaboré, de façon minutieuse, à partir des actes authentiques (les minutes conservées en latin et en français), vérifiés aux meilleures sources et complétés par les dépositions du procès d’annulation.

    Une véritable exégèse des paroles de notre Jeannette qui pose la question de savoir si Jeanne d'Arc ne pourrrait pas tout bonnement être déclarée docteur de l'Eglise ?

    Jacques Trémolet de Villers a plaidé de nombreuses affaires civiles et pénales à caractère politique, idéologique et médiatique. Écrivain, il a publié une biographie du célèbre avocat du XIXe siècle Pierre-Antoine Berryer, "Aux marches du palais".

     

    > Jeanne d'Arc. Le procès de Rouen, Jacques Trémolet de Villers, éditions Perrin, coll. Tempus, 2017, 365 p. (9 €).

  • Viombois, 4 septembre 1944 : écritures, mythe et histoire d'un maquis durant l'Occupation

    Que s’est-il passé réellement à Viombois, aux confins de la Meurthe-et-Moselle et des Vosges, le 4 septembre 1944 ? D’après le témoignage du mythique chef de la 1ère centurie René Ricatte alias lieutenant Jean-Serge, les maquisards, mal armés, confrontés à plus de 2000 Allemands aguerris, dont des redoutables SS, « luttèrent à 1 contre 10 ; ils eurent 57 tués. Les Allemands battirent en retraite laissant plus de 130 morts sur le terrain  ». Cette date funeste sonne aussi la fin du projet grandiose de la Résistance Alsacienne, la mobilisation de près de 1 000 hommes attendant en vain un grand parachutage avant d’aller occuper les cols vosgiens et de libérer les camps de concentration de Schirmeck et du Struthof.

    Viombois, un tournant décisif pour les FFI d’Alsace ? La consultation d'archives inédites  apporte un regard très différent tant sur le fonctionnement de la Résistance alsacienne que sur l’écriture d’un événement qui privilégiait jusqu’à présent la mémoire aux accents épiques à la rigueur historique. D’écritures fondatrices des acteurs directs en 70 ans de réécritures, la "bataille" de Viombois a pris une tonalité épique qu’il convenait de confronter aux documents. Jean-Michel Adenot, petit-fils de résistant, a synthétisé le « Viombois des témoins  » et l’a confronté à l’histoire factuelle, qu’il a reconstituée scrupuleusement. Loin de réécrire le mythe, et, rendant hommage aux « héros du 4 septembre  », il rétablit la réalité de la confrontation de Viombois, ses prémices et ses « trahisons », nous amenant par sa démarche refondatrice à réfléchir sur l’écriture de l’Histoire.

    Au terme de l'enquête menée par l'auteur, il apparaît que les 57 résistants victimes du 4 septembre 1944 sont tombées dans des conditions bien différentes de celles décrites par une première génération de témoins.

    Un livre qui remet aussi en question la doxa officielle écrite et martelée par les mouvements de Résistance durant l'après-guerre. Fin du mythe, début de l'Histoire.

     

    ‡ Viombois, 4 septembre 1944. Ecritures, mythe et histoire, Jean-Michel Adenot, Edhisto, 2016, 432 p., ill. (24 €).

  • Charles VII : une vie, une politique

    Les éditions Perrin publient cette remarquable biographie de Charles VII due à un historien, spécialiste de la période, Philippe Contamine.

    Durant la majeure partie du XVe siècle, en Occident, les royaumes et les peuples, les princes et les aristocraties subirent de violentes turbulences. La France, en particulier, en fut à ce point de connaître un moment deux rois concurrents. Que Charles de Valois, devenu Charles VII, l’ait emporté pour finir n’était pas écrit d’avance. Il eut à répondre à au moins trois défis : se faire obéir, construire sa légitimité, l’emporter militairement.

    Dieu, Jeanne d’Arc, le beau Dunois et Jacques Coeur contribuèrent sans doute à les relever. Mais Charles, beau-frère de René d'Anjou, duc de Bar puis de Lorraine, l’un des premiers rois dont il est possible de connaître et d’apprécier la personnalité, n’était pas le prince falot parfois décrit et décrié, se laissant porter par le hasard et par son entourage. Taiseux, obstiné, passablement instruit, il sut mener la nef royale sur une mer démontée.

    En près de quarante années de règne (1422-1461), il s’adapta aux circonstances, tira parti des conflits entre les princes, s’appuya sur ses « bonnes villes » et aussi sur la papauté, créa des institutions administratives et militaires efficaces. Innovation appelée à une longue postérité, l’apparition publique d’une favorite royale, sous les traits avenants d’Agnès Sorel. Avec Charles VII émerge aussi une forme de sentiment « national ». La biographie conçue par Philippe Contamine est résolument politique, au sens que revêt ce mot précisément à cette époque. Sont ici mis en lumière les pratiques du pouvoir, les mécanismes de son fonctionnement, sa conception et ses représentations. Et pour nous Lorrains, n'est pas abordée la question de l'éventuel abandon de Jeanne d'Arc après son arrestation par Charles VII... La question reste ouverte.

     

    ‡ Charles VII. Une vie, une politique, Philippe Contamine, éditions Perrin, 2017, 560 p., ill. (26 €).

  • Profession explorateur : Alfred Grandidier 1836-1921

    Ça n'est pas vraiment une biographie au sens traditionnel où on l'entend. L'ouvrage aborde le cursus d'un explorateur hors norme à un moment charnière où cette activité connaît une évolution : Alfred Grandidier ne sera plus l'aventurier découvreur de nouvelles côtes au sens du XVIIIe siècle. Il inaugurera l'ère des explorateurs scientifiques des XIXe-XXe siècles : plus vraiment homme de la brousse et déjà un savant attaché aux institutions scientifiques parisiennes.

    Alfred Grandidier, issu d'une vieille famille de noblesse de robe lorraine émigrée dans la Flandre française, a fait sa carrière à Paris. Mais il fut surtout actif en Amérique du Sud et plus encore à Madagascar. Son parcours accompagne parfaitement l'évolution de la perception de l'exploration et de la qualité d'explorateur au XIXe et au début du XXe siècle : de riche voyageur, dilettante quoiqu'érudit, il se mue en explorateur en quête du progrès des sciences naturelles. Grandidier contribuera aussi à renforcer l'image de l'explorateur auxiliaire des Etats colonisateurs. Il accompagnera ainsi la IIIe République dans son œuvre civilisatrice à Madagascar.

    Grâce à sa fortune familiale, notre Lorrain a pu développer sa passion pour les sciences et les voyages. Il joua encore un rôle significatif dans l'émergence d'une formation professionnelle à destination des jeunes explorateurs scientifiques qui allaient marquer tout le XXe siècle.

     

    ‡ Profession explorateur. Alfred Grandidier 1836-1921, Jehanne-Emmanuelle Monnier, PUR, 2017, 257 p., ill., cartes (20 €).

  • Mémoires de Marcel Thomas : l'enfant du siècle se souvient

    le Vosgien Marcel Thomas nous livre plus que ses souvenirs dans cet ouvrage.

    L'homme nous confie presqu'un siècle d'une vie qui débute avec la fin de la Grande Guerre et nous conduit jusqu'à un autre conflit qui ne dit pas son nom : celui du terrorisme islamique actuel. Issu d'un milieu modeste et doté d'une volonté hors du commun, notre Vosgien fut un des premiers à s'engager dans les Chantiers de jeunesse en 1940 aux côtés du général de la Porte du Theil afin de reconstituer l'armée de la France. Instituteur, il s'illustra également dans le maquis de Corcieux et connut la déportation. Père de l'ancien député des Vosges Jean-Pierre Thomas, ces Mémoires d'un homme extraordinaire, fière de ses origines vosgiennes, nous redonne espoir en l'avenir. Rien n'est perdu tant qu'il y a la volonté ferme d'agir. Marcel Thomas l'a démontré tout au long de sa vie.

    Un beau témoigne pour les générations actuelles.

     

    ‡ Mémoires. L'enfant du siècle se souvient, Marcel Thomas, autoédition, 2016, 594 p., ill.

     

  • BA 133 de Nancy Ochey : 100 ans d'avions de chasse

    Philippe Bajolet est enseignant et, surtout, un ancien des Beaux-Arts de Nancy. Auteur d’une quinzaine d’ouvrages de littérature jeunesse autant qu’adulte, illustrés de sa main, il publie « BA 133 de Nancy Ochey : 100 ans d’avions de chasse ».

    Pour sa conception, il s'est rapproché de trois spécialistes de l’aviation : Pierre Couillot, chef de cabinet du commandant de la base de Nancy-Ochey, Jeff, un navigateur, et Yves Collignon, membre de l’association des Anciens de la 11e Escadre de chasse de Toul-Rosières. Ils l'ont conseillé sur l’évolution technologique des avions mise en parallèle avec l’histoire de la base aérienne Nancy-Ochey.

    Peu de textes dans cet album. Mais beaucoup d’illustrations avec un traitement graphique réaliste, à la ligne claire qui fait l'originalité des créations de Bajolet.  Ce « champion du trait » s'est beaucoup documenté pour concevoir cette BD ; 18 mois de travail ont été nécessaires pour "accoucher" de son œuvre ! Ce bouquin plaisant est aussi un bon moyen pour vulgariser une thématique plutôt technique.

     

    ‡ BA 133 de Nancy Ochey. 100 ans d'avions de chasse, texte et illustrations de Philippe Bajolet, autoédition, 2017, 79 p. (12 €).

  • Société de tir de nancy 1866-2016

    A l'occasion du 150ème anniversaire de la Société de tir de Nancy, Françoise Ribert, membre du comité de la STN, a publié un ouvrage sur l'histoire de la plus vieille association sportive de la cité ducale...

    A partir des archives conservées à la Bibliothèque et aux Archives municipales de Nancy, l'auteur a pu reconstituer la riche histoire de la Société de tir qui est l'héritière du Serment de la Butte et de son tir annuel au papegai, apparu en 1506.

    La Société de tir nancéienne, créée en 1866, servira de modèle à de nombreuses associations en France mais aussi en Algérie française et à l'étranger (Pologne...) qui seront fondées entre le dernier quart du XIXe siècle et l'entre-deux-guerres ; après la guerre de 1870-1871, la Lorraine connaîtra d'ailleurs un fort développement des société de gymnastique et de tir, notamment dans le milieu scolaire. Il fallait préparer les jeunes générations à la Revanche !

    L'ouvrage redonne vie au stand Saint-Georges, à celui du Grémillon ainsi qu'à l'actuel stand de la rue de Tomblaine. Il retrace l'évolution des compétitions et des disciplines jusqu'à nos jours. Il présente également les trophées et coupes dont certains furent réalisés par des artistes lorrains connus comme Emile Gallé.

     

    ‡ Société de tir de nancy 1866-2016. 150e anniversaire, Françoise Ribert, autoédition, 2016, 104 p., ill. (29 €).
    Disponible à l'accueil de la Société de tir de Nancy, 41 rue de Tomblaine, 54000 Nancy.

  • Nouvelle histoire des guerres de Vendée

    En écho à la journée hommage à Jean-Nicolas Stofflet qui s'est déroulée à Bathelémont début avril, nous avons le plaisir de vous présenter un ouvrage paru chez Perrin qui revisite ce conflit vendéen dans lequel s'engagea corps et âme notre compatriote Stofflet.

    Les guerres de Vendée, qui courent de 1793 à 1832, ont suscité l'émulation de bien des historiens. Il s'agit d'une guerre civile, la plus sanglante qu'ait connue la France depuis les guerres de Religion au XVIe siècle. La plus féroce jusqu'à nos jours. Faute de mieux, on les a appelées ainsi, car l'épicentre en était le département de la Vendée, mais elles se sont répandues ensuite, touchant presque tout l'Ouest.

    L'ambition des auteurs a été d'en proposer une nouvelle lecture qui ne désigne pas les « méchants » pour mieux exalter les « bons ». Les historiens royalistes favorables aux Vendéens ont joué sur la victimisation pour mieux apitoyer leurs lecteurs. Les historiens républicains jacobins ont minimisé les souffrances des vaincus, souligné leur sauvagerie, pour mieux exalter l'héroïsme des Bleus...

    Les guerres de Vendée ont coûté la vie à plusieurs dizaines de milliers de Français. Si les atrocités se rencontrent dans les deux camps, le plus inquiétant est l'apparition d'une idéologie exterminatrice dans les rangs républicains. Des hommes à Paris (Robespierre, Couthon, Barère...), sur place (Carrier, Turreau, Francastel...) ont trempé dans ce processus sans précédent. Ils l'ont décidé, appliqué et se sont félicités des résultats. Ce fut là comme le péché originel, matriciel, de la République française. Les régimes totalitaires du XXe siècle y puisèrent argumentaires et méthodes.

    Un ouvrage pour ne pas oublier.

     

    > Nouvelle histoire des guerres de Vendée, Jean-Joël BREGEON et Gérard GUICHETEAU, éditions Perrin, 2017, 380 p. (23,90 €).

  • France - Allemagne(s) 1870-1871

    La guerre de 1870-1871 constitue un moment fondateur dans la relation franco-allemande, autour de laquelle se noue, à l'époque, l'avenir de l'Europe. Elle met un terme à un équilibre fondé sur la prépondérance de la diplomatie, les grandes puissances étant collectivement responsables de la paix.

    Ce conflit oppose un pays qui construit son unité depuis des siècles et l'a consolidée au gré de la succession des régimes politiques, à un autre, composé d'États plus jeunes, qui ne s'est pas encore véritablement constitué. En France, les premières défaites entraînent la chute de l'Empire et la proclamation de la République. Les tensions sociales préexistantes et l'élan de patriotisme soulevé par l'invasion allemande conduisent à la Commune de Paris et à une guerre civile. En Allemagne, la victoire parachève l'unification du pays, que symbolise la proclamation de l'Empire dans la galerie des Glaces à Versailles en 1871. De part et d'autre, la diversité et la multiplicité des mémoires de la guerre, françaises et allemandes, officielles ou personnelles, permettent de saisir l'impact durable du conflit sur les sociétés.

    Ces événements, valorisés par un double regard français et allemand, s'inscrivent dans une perspective chronologique plus longue (1815-1919) qui en révèle les racines comme la portée, permettant d'en saisir les enjeux sociaux, économiques, militaires, culturels, géopolitiques, technologiques et idéologiques.

    Ce catalogue de l'exposition présentée au Musée de l'Armée rappelle tout ce que la Lorraine a subi au cours de cette funeste guerre. C'est aussi un hommage à l'historien lorrain de la guerre franco-prusienne, François Roth, à qui est dédié cet ouvrage enrichi d'une remarquable iconographie.

    ‡ France - Allemagne(s) 1870-1871. La guerre, la Commune, les mémoires, collectif, éditions Gallimard / Musée de l'Armée, 2017, 303 p., ill., cartes (35 €).

  • Fontes, la revue de l'association pour la sauvegarde et la promotion du patrimoine métallurgique haut-marnais

    L'association pour la sauvegarde et la promotion du patrimoine métallurgique haut-marnais (ASPM), fondée en 1990, s'est donnée pour objet de restaurer et animer par des expositions thématiques le haut-fourneau de Dommartin-le-Franc (52), et répertorier et valoriser les fontes d’art françaises dans le monde en réalisant des inventaires, des partenariats, des expositions, des colloques, des publications et créer un réseau de villes détentrices d'objets en fonte d'art (fontaines, statuaire, grilles, réverbères...).

    Rappelons que la Haute-Marne fut un département riche en industries métallurgiques et le demeure encore dans le domaine de la coutellerie ou la production de matériels de précision.

    L'ASPM publie l'intéressante revue trimestrielle Fontes qui donne la parole aux historiens et amateurs de fontes d'art sous tous ses aspects. Ainsi, le numéro de mars 2017 propose un dossier sur la fonte d'art et d'ornement présentée aux expositions industrielles haut-marnaises au cours du XIXe siècle et un article qui fait le point sur un type de matériel réalisé en fonte entre le XIXe et le début du XXe siècle : les plaques directionnelles ou plaques de cocher qui ornent encore ici ou là façades et carrefours de nos villages et bourgs.

     

    ‡ Plus d'info sur l'ASPM et sur la revue Fontes ici : www.fontesdart.org 

  • Les topographies médicales vosgiennes de 1776 à 1826

    Durant le dernier quart du XVIIIe siècle, la Société royale de médecine a encouragé ses correspondants de province à produire des topographies médicales, dans le cadre d'une "géographie médicale de la France".

    Huit praticiens vosgiens, établis à Bruyères, Saint-Dié, Neufchâteau, Epinal, Remiremont, Plombières et Waldersbach, ont décrit méthodiquement les variations atmosphériques, la qualité des eaux, la nature du sol et ses productions, l'état physique et moral des habitants du massif vosgien et de la plaine, en tentant d'établir une relation causale entre ces données écologico-sociales et les maladies endémiques et épidémiques qu'ils devaient soigner.

    Entre 1776 et 1806, les dix-neuf topographies médicales vosgiennes ainsi produites font du département le plus étudié de France, et des médecins Gabriel-Charles Didelot et Félix Poma les champions nationaux du genre topographique !

    Cet ouvrage étudie de façon inédite ce "cercle vosgien d'émulation médicale", en présentant les acteurs de ce réseau, leur formation, leurs relations, leur production, et l'intérêt historique que ces topographies médicales, donc cinq sont ici éditées ou rééditées pour la première fois, gardent aujourd'hui.

     

    ‡ Les topographies médicales vosgiennes de 1776 à 1826, Pascal Joudrier, FSSV, coll. Mémoires et documents sur l'histoire des Vosges, 2016, 400 p., ill. (20 €).

  • Est-il un moyen de rendre les Juifs plus utiles et plus heureux ? - Le concours de l'Académie de Metz en 1787

    En cette fin de XVIIIe siècle, les Lumières à la française magnifient l’idée de régénération. En s’en emparant, l’utopie révolutionnaire a voulu rejeter les valeurs anachroniques du passé. Or cette aspiration à l’invention d’un homme nouveau tourné vers la Raison trouve une de ses premières formulations dans le fameux Essai sur la régénération physique, morale et politique des Juifs de l’abbé Henri Grégoire, rédigé à l’occasion du concours de l’Académie de Metz, en 1787.

    Le catholique lorrain Grégoire, favorable à l’émancipation des Juifs, soutient que celle-ci doit passer par l’oubli des rêveries talmudiques et des traditions qu’il juge burlesques. Au même moment, rien de tel n’est exigé des protestants par les philosophes qui défendent leur pleine entrée dans la cité, ni des Noirs des colonies pour lesquels ils réclament la fin de l’esclavage.

    Ce concours marque donc un moment unique dans l’histoire de la France moderne. Pourtant, à l’exception du texte publié de l’abbé Grégoire, sans cesse lu et commenté, on ignorait presque tout des manuscrits déposés par les autres candidats (dont d'autres Lorrains comme l'avocat protestant Claude-Antoine Thiéry ou dom Chais, bénédictin de Saint-Avold), et même de la première version de celui de Grégoire. Pierre Birnbaum a eu l’idée de les rechercher aux archives de Metz et de Nancy. Les voici enfin publiés dans leur intégralité.

    Leur mise au jour et leur comparaison systématique dans cet ouvrage opèrent tel un révélateur : la question de l’entrée dans l’espace public des Juifs apparaît comme le symbole d’une difficile relation entre citoyenneté et pluralisme culturel, qui hante jusqu’à nos jours la société française.

    Instructif.

     

    ‡ "Est-il des moyens de rendre les Juifs plus utiles et plus heureux ?". Le concours de l'Académie de Metz (1787), Pierre Birnbaum, éditions du Seuil, 2017, 643 p. (28 €).

  • Dictionnaire historique de la Vierge Marie

    Fabienne Henryot, Lorraine expatriée en Suisse spécialiste de l'histoire religieuse en Lorraine, et Philippe Martin, qui enseigna à l'Université de Lorraine avant de rejoindre Lyon, historien des formes extériorisées de la piété catholique, nous offrent un étonnant dictionnaire dédié à la Vierge Marie. On y découvre de nombreux exemples du culte marial ou de ses manifestations tirés de l'histoire religieuse des anciens duchés de Lorraine et de Bar

    Aujourd'hui le culte de la Vierge est aussi florissant qu'il l'était hier, et l'intérêt du présent dictionnaire sans équivalent est de montrer la richesse et la multiplicité de ses facettes.

    Marie est présente dans les maisons et les églises, mais aussi dans les bandes dessinées, les contes pour enfants, le cinéma... Elle est celle vers laquelle, depuis des siècles, s'élèvent des prières. Elle est universelle avec des sanctuaires connus de tous, mais aussi locale avec ses fontaines sacrées, ses arbres mystérieux. Elle est priée par des dévots, mais aussi par des footballeurs ou des marins. C'est devant Notre-Dame d'Aparecida que sont déposés tous les mois 19 000 objets et ex-voto. C'est en son nom que les Loups de la Nuit parcourent les routes de Russie et d'Europe centrale sur leurs motos, c'est toujours en clamant son nom, un rosaire à la main, que les Philippins se sont élevés contre la dictature. Marie est de toutes les causes, de tous les temps et de tous les continents.

    Pour décrire les innombrables modalités du culte rendu à Notre-Dame, ce dictionnaire de 150 entrées en développe quatre types. Les premières sont des articles généraux, synthèses de sujets déjà bien étudiés (apparitions, Immaculée Conception, mariolâtrie...). Les deuxièmes abordent les dévots, confessions constituées (orthodoxes, protestants...) ou groupes sociaux moins évidents (motards, footballeurs, marins...). Les troisièmes visitent des sanctuaires (Aparecida, Fatima, Guadalupe, Lourdes...). Enfin, les dernières laissent la parole aux critiques ou aux remises en cause.

    L'ensemble dessine les contours d'une histoire qui s'articule autour de trois moments forts : le début du XVIe siècle lorsque la figure mariale s'affirme comme un étendard face au protestantisme et qu'en conséquence, les dévotions personnelles ou collectives s'amplifient ; le milieu du XIXe marqué par l'émergence de nouveaux hauts lieux et par la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception ; le milieu du XXe, temps où le concile Vatican II recentre une piété mariale que d'aucuns jugent envahissante.

    Les 150 articles rassemblés dans ce volume racontent une histoire de cinq siècles de foi, de luttes et de rapprochement, d'affirmations identitaires et de syncrétisme, d'universalité et de régionalisme. Ils nous donnent à voir la puissance d'une dévotion universelle toujours d'actualité.

    Passionnant !

     

    ‡ Dictionnaire historique de la Vierge Marie, Fabienne Henryot et Philippe Martin (dir.), éditions Perrin, 2017, 567 p. (27 €).

  • Cheminots victimes de la répression 1940-1945

    Nos contemporains doivent le savoir : peu de catégories socio-professionnelles en France ont eu à payer le prix fort au cours de la Seconde Guerre mondiale que celle des employés des chemins de fer. Des figures d'hommes et de femmes aux vies trop brèves, engagés ou non, frappés par l'iniquité et l'arbitraire de l'occupant et de ses collaborateurs nous sont rappelées dans ce mémorial.

    Ce volumineux ouvrage présente les cheminots victimes de la répression menée par les autorités allemandes et le régime de Vichy entre 1940 et 1945. Leur mort ne relève pas du hasard. Ces femmes et ces hommes - 2 672 précisément -, en majorité des résistants et des victimes des rafles de représailles, furent assassinés, fusillés, abattus, ils disparurent en prison, en déportation. Dont de nombreux cheminots du Grand Est. Ce mémorial de papier n'inclut pas les cheminots victimes des bombardements ou des mitraillages des installations ferroviaires, ni les cheminots militaires morts sous les drapeaux en 1939-1940. Outre les cheminots résistants fusillés ou morts en déportation, ce mémorial recense toutes les victimes cheminotes des combats de la Libération.

    Cette recherche scientifique d'envergure, conduite par un comité composé d'historiens, d'archivistes et d'acteurs du paysage associatif et mémoriel, a été souhaitée par la SNCF pour être un mémorial, hommage des vivants aux disparus, et pour servir la connaissance historique.

    Ce livre s'inscrit dans le travail de mémoire, de transparence, d'histoire et d'éducation, mené depuis plus de vingt ans par l'entreprise pour mieux connaître et comprendre ces années noires.

     

    ‡ Cheminots victimes de la répression 1940-1945, Thomas Fontaine (dir.), éditions Perrin/SNCF, 2017, 1764 p., ill. (25 €).

  • Histoire du Carmel de Nancy

    Les Carmélites étaient déjà installées à Nancy avant la Révolution mais cette funeste période mit fin à l'existence de leur couvent... Il faudra attendre 1868 pour qu'un nouveau Carmel voit le jour dans le diocèse de Nancy & de Toul, à Lunéville tout d'abord, puis à Nancy ensuite.

    C'est cette histoire d'une résurrection que nous content les auteurs de cet ouvrage qui constitue le premier tome d'une série de publications à venir sur l'histoire de la renaissance du Carmel nancéien. Fruit d'un long travail de recherches dans les archives du couvent de Nancy, nos historiens évoquent dans le premier tome les circonstances de la refondation d'un couvent de carmélites en Lorraine par deux religieuses venues du Mans et de Meaux.

    C'est tout d'abord à Lunéville que les religieuses fondent le nouveau monastère dans l'hôtel Sainte-Anne. Le 6 février 1868, après bien des tracas, nos carmélites prennent possession de cette belle demeure. Il s'agit d'une première étape : elles conservent le secret espoir de fonder un couvent également à Nancy...

    Les notes manuscrites laissées par Sœur Marie Emmanuelle du Sacré-Cœur servent de trame à nos chercheurs afin de présenter les conditions particulièrement difficiles dans lesquelles a été conçu le projet de fondation nancéienne.

    L'histoire du Carmel de Nancy restait à écrire : Jean-Claude L'Huillier et Marie-Odile Marin se sont lancés dans cette vaste entreprise. Elle attend une suite. Déjà sont annoncés les prochains thèmes abordés dans les publications à venir : les sources du Carmel de Nancy, la guerre de 1870, les persécutions religieuses de la fin du XIXe siècle et l'exil en Belgique, le Carmel à Nancy Buthegnémont, portraits de carmélites, l'obitulaire du Carmel...

     

    ‡ Histoire du Carmel de Nancy. Le berceau du Carmel nancéien : l'hôtel Sainte-Anne à Lunéville 1868 - Tome I, Jean-Claude L'Huillier et Marie-Odile Marin, Carmel-Amis éditeur, 2016, 150 p., ill. (15 €). Ouvrage disponible à la Librairie de l'Asnée, 11 rue de Laxou, 54600 Villers-lès-Nancy.

  • Le temps long de Clairvaux : nouvelles recherches, nouvelles perspectives (XIIe-XXIe s.)

    Fondée par saint Bernard en 1115, l’abbaye de Clairvaux connut un rayonnement extraordinaire dans l’Occident médiéval et donna naissance à la branche la plus féconde de l’ordre de Cîteaux, avec plus de 360 maisons d’hommes. Entièrement rebâti au XVIIIe siècle, le monastère fut supprimé en 1790, ses bâtiments vendus comme biens nationaux puis transformés en maison centrale de détention en 1811. Malgré la richesse de ce passé, l’abbaye demeura pourtant dans l’ombre de son fondateur jusqu’à la création de l’association Renaissance de l’abbaye de Clairvaux en 1979, puis l’organisation du premier colloque sur l’histoire de Clairvaux en 1990.

    Vingt-cinq ans après, le neuvième centenaire de l’abbaye constitue une nouvelle étape dans la production historiographique claravallienne comme en témoigne la publication des Actes de ce deuxième colloque organisé à Troyes et à Clairvaux du 16 au 18 juin 2015.

    À travers une vingtaine d’essais répartis en quatre axes principaux, les auteurs dressent un bilan des dernières recherches de ce Temps long de Clairvaux et jettent les bases des études à venir : des îles Britanniques au Portugal, en passant par la Catalogne et la Sicile, ils nous conduisent le long de ce rameau si fertile ; de la porterie de l’abbaye-mère aux confins de la Transylvanie, ils racontent l’intégration des moines blancs dans le monde des campagnes et des villes ; de la bibliothèque du monastère aux créations de Le Corbusier, ils interrogent la culture de Clairvaux et l’existence, réelle ou imaginaire, d’un « art cistercien » ; enfin, du XVe au XVIIe siècle, ils nous présentent les figures de deux abbés entraînés dans la tourmente du Grand Schisme et des écueils de la commende.

     

    ‡ Le temps long de Clairvaux : nouvelles recherches, nouvelles perspectives (XIIe-XXIe siècle), Arnaud Baudin et Alexis Grélois (dir.), éditions d'Art Somogy, 2016, 404 p., ill. (30 €).

  • Philippe Henriot, la voix de la Collaboration

    Professeur obscur d'un paisible collège du sud-ouest, le Champenois Philippe Henriot collectionne les papillons, écrit des poèmes, mène une vie discrète et rangée. Qu'est-ce qui pousse à 35 ans ce catholique traditionnel à se lancer dans la bataille politique et à s'engager dans une carrière qui l'amènera, après-guerre, des bancs de l'Assemblée au ministère de l'Information de Vichy en 1944 ? Ce champion des suspensions de séance, cet accusateur-inquisiteur a depuis toujours un ennemi viscéral, la franc-maçonnerie. Dans les années 1930, il en découvre un autre ennemi à pourfendre : le bolchevisme. A partir de l'invasion de l'URSS, Hitler devient pour lui le héros d'une nouvelle croisade.

    Mais Henriot, au-delà de ses prises de position, c'est d'abord une voix. Une voix qui transfigure cette figure austère, une voix qui fascine, une voix qui vide les rues des villes quand, deux fois par jour, il parle à la radio. Au point que la Résistance et la France libre commanditent son exécution. C'est aussi un homme qui brûle, qui fascine, un homme haï, même de son propre camp, symbole d'un croyant qui a fait le choix d'abord de la droite extrême, puis de l'extrême droite collaborationniste sous Vichy.

    Une belle biographie sans parti pris qui révèle la personnalité contrastée de l'homme Henriot, cet homme de l'Est égaré dans la Collaboration.

     

    ‡ Philippe Henriot. La voix de la Collaboration, Pierre Brana et Joëlle Dusseau, éditions Perrin, 2017, 402 p. (24 €).

  • Le pasteur David Ancillon (1617-1692) : de Metz à Berlin, de la France au Refuge

    La révocation de l'édit de Nantes en 1685 touche l'Église réformée de Metz de plein fouet après une longue histoire originale débutée dès les années 1520. Au XVIe siècle, la communauté traverse déjà bien des difficultés, malgré des institutions ecclésiastiques efficaces et, surtout, un encadrement pastoral de haut niveau. Les ministres, par leurs diverses missions, sont en première ligne de la défense de leur Église contre diverses menées catholiques, qu'elles soient lancées par les autorités publiques ou par le clergé.

    Parmi les quatre derniers pasteurs de l'Église de Metz figure David Ancillon (1617-1692), qui en est le plus célèbre et le guide officieux après la mort de Paul Ferry en 1669. Grâce à une source exceptionnelle, le récit de sa vie par son fils Charles, la biographie d'Ancillon permet de suivre au plus près le sort des réformés qui vivent d'abord sous le régime, toujours menacé, de l'édit de Nantes (1598-1685), puis qui choisissent l'option du « Refuge huguenot ».

    On voit alors comment le pasteur travaille, vit et tente de conduire son troupeau dans la tourmente. Confrontées aux archives institutionnelles, ces données nous révèlent aussi ce que les pasteurs essaient d'être pour donner le bon exemple, pour se conformer à ce que l'on attend d'eux.

    Surtout, David Ancillon est peut-être directement à l'origine du choix aussi massif qu'étonnant des réformés messins exilés pour le Refuge berlinois. Transplantée en partie en Prusse et placée au milieu d'un nouveau terreau, l'Église de Metz renaît, même si son dernier grand pasteur n'y vit que quelques années, et même si c'est dans un contexte radicalement différent.

    L'auteur, Julien Léonard, est agrégé d'histoire et docteur de l'université Jean Moulin – Lyon 3. Il est actuellement maître de conférences à l'université de Lorraine et mène ses recherches au Centre de recherche universitaire lorrain d'histoire (CRULH). Elles portent principalement sur l'exercice du ministère pastoral réformé dans le monde francophone et sur l'histoire religieuse de Metz au XVIIe siècle. Il est par ailleurs secrétaire adjoint de la Société d'histoire et d'archéologie de la Lorraine et membre de l'association Historia Metensis.

     

    ‡ Le pasteur David Ancillon (1617-1692). De Metz à Berlin, de la France au Refuge, Julien Léonard, éditions des Paraiges, 2017, 360 p., ill. (20 €).

  • Les trains des stations thermales de l'Est

    Dès le milieu du XIXe siècle en France, les cures thermales attirent une clientèle aisée – aristocratie, grande bourgeoisie – qui part « prendre les eaux » chaque année, utilisant pour cela le chemin de fer qui irrigue progressivement le territoire. Après la Première Guerre mondiale, l’accès aux soins thermaux est élargi, permettant aux villes concernées de prendre leur essor. Les trains directs mis en place par les compagnies ferroviaires offrent un confort et des repas de qualité, tandis que les gares sont dotées d’un style architectural et d’un standing en accord avec les villes desservies. Traction vapeur, puis diesel, puis électrique… Quel que soit le mode de traction utilisé, les « trains des eaux » emmènent année après année leurs passagers au coeur de paysages bucoliques, gages d’un séjour revitalisant, par exemple, dans le Grand Est ou en Auvergne.

    En France, dès le Second Empire, le développement des villes thermales est rapide et important, grâce à la fréquentation d’une clientèle aristocratique et de la grande bourgeoisie. De 1850 à 1870, le nombre des visiteurs des stations thermales triple, passant de 100 000 à 300 000 visiteurs. Un flux qui enrichit les régions et provoque des transformations locales d’aménagement et de modes de vie, auxquelles l’arrivée du chemin de fer n’est évidemment pas étrangère. L’essor des villes d’eaux s’accentuera par la suite, après la Première Guerre mondiale, grâce à une démocratisation de ces soins prodigués dans les villes d’eaux : on boit de l’eau, on s’en asperge, on s’y baigne sur prescription médicale… Les compagnies de chemin de fer vont très tôt s’intéresser à ces voyageurs saisonniers en leur garantissant, pour le voyage qui dure souvent plusieurs heures, des dessertes de qualité et un confort à la hauteur de leurs attentes. Des trains directs au départ de Paris sont assortis d’une restauration raffinée, les gares affichent une architecture et un standing en accord avec les villes desservies.

    Les cheminots, qu’ils travaillent à bord des trains ou dans les gares, assurent l’organisation de ce trafic régulier, répété d’une année sur l’autre. Partant de la capitale, les « trains des eaux » emmènent leurs passagers vers des paysages bucoliques. Ces curistes, libérés de leurs contraintes habituelles le temps de leur séjour, ont la garantie d’un séjour bénéfique, effectué au calme, dans un cadre verdoyant et offrant des loisirs distrayants : concerts, opéra, opéracomique, théâtre, casino, golf, tennis, polo… Après la Seconde Guerre mondiale, la toute neuve Sécurité sociale prend en charge des cures thermales : le thermalisme s’ouvre alors au plus grand nombre, une nouvelle clientèle apparaît. La traction vapeur, utilisée dans un premier temps pour faire circuler ces trains, cédera la place au diesel au milieu des années 1960, lui-même étant remplacé plus tard par l’électrique.

    Le Train des eaux a circulé jusqu’en 1970, puis les liaisons ferroviaires accélérées et le TGV doté de bonnes correspondances ont permis le développement de nombre de stations thermales. Dans leur nouvel ouvrage, Paul-Henri Bellot et Didier Leroy décrivent le rôle décisif du chemin de fer dans le développement et la promotion des villes thermales de l’est (Bourbonne-les-Bains, Contrexéville, Vittel, Luxeuil-les-Bains, Plombières-les-Bains, Bains-les-Bains, Martigny-les-Bains, Gérardmer, Bussang) et de l’Auvergne.

    Attention au départ ! Et n'oubliez pas ce beau livre qui vous fera revivre la belle épopée des trains des villes thermales de notre région !

     

    ‡ Les trains des stations thermales - Est et Auvergne, Paul-Henri Bellot et Didier Leroy, La Vie du Rail éditeur, 2017, 175 p., ill. (49 €).

  • Le Pays Lorrain n° 1/2017 est paru

    La prestigieuse et savante revue de la Société d'histoire de la Lorraine et du Musée lorrain de Nancy propose un riche sommaire pour son 1er numéro de l'année :

    - La construction de la politique de conservation des Monuments historiques en Lorraine (1ère partie), par Georges Poull
    - Ecoles, élèves et maîtres de l'enseignement primaire en Lorraine sous le Second Empire, par Jean-Paul Aubé
    - Février 1947, Edouard Vuillard en mission artistique dans les Vosges, par Jeanne-Marie Demarolle
    - Le musée du Fer de Jarville à 50 ans : plusieurs études
    - Journée doctorale de la Société d'histoire de la Lorraine et du Musée lorrain : plusieurs contributions de doctorants

     

    ‡ Le Pays Lorrain est disponible à l'accueil du Musée lorrain et sur abonnement. Plus d'info sur http://www.societe-histoire-lorraine.com

  • La Meuse sentimentale

    Consacré au département de la Meuse, La Meuse sentimentale nous parle du ciel et la nature. L'ouvrage magnifiquement illustré avec les clichés de Jean-Marie Lecomte et Marc Paygnard, nous montre des statues, des églises, des villages et des villes anciennes. Pages d'un monde visible, c’est aussi un livre sur l’invisible.

    L’histoire, les souvenirs de famille, les châteaux de nuages, les reflets sur les rivières et sur les toits des maisons... Notre pays meusien, du sud au nord, de l'est à l'ouest, parle tout le jour et on l'entend parfois, avant la nuit, quand la vie s’apaise et s’ouvre, comme un livre sur les genoux, au sentiment de la Meuse.

    Un bel ouvrage pour pénétrer au plus profond de ce beau territoire de l'ouest lorrain. Avec poésie.

     

    ‡ La Meuse sentimentale, Michel Bernard, Jean-Marie Lecomte et Marc Paygnard, éditions Noires Terres, 2017, 175 p., photos couleurs (20 €).

  • Histoire du STO

    Le STO est l'inconnu le plus célèbre des années noires. Plus de 600 000 Français ont été envoyés de force en Allemagne au titre du Service du travail obligatoire. Près de 250 000 réfractaires ont réussi à se cacher, dont 40 000 maquisards. Et des centaines de milliers de « refusants » ont usé de tous les subterfuges possibles pour rester sans devenir clandestins : certificats médicaux de complaisance, retour à la terre, entrée dans les emplois protégés... Et les Lorrains auront largement été victimes de ces départs forcés pour l'Allemagne...

    Phénomène capital, et pourtant largement ignoré, le STO a été victime de simplifications abusives. Tous les réfractaires ne sont pas devenus maquisards. Et les Français ne se sont pas immédiatement rebellés contre cette nouvelle forme de servage. C'est dire que ce livre, fondé sur une large variété de sources souvent inédites, offre une contribution majeure à l'histoire du STO, des origines à sa mémoire.

    Négociations entre Berlin et Vichy, réactions de l'opinion publique, impacts sur la Résistance et sur la collaboration, calvaire méconnu des travailleurs requis par l'organisation Todt (véritable STO de l'intérieur), vie au cœur du Reich, retour, rien n'échappe à l'analyse qui saisit le drame du STO dans la pluralité de ses aspects.

    Un ouvrage important, surprenant et exhaustif sur l'instrument emblématique de la collaboration et sur son impact majeur durant la Seconde Guerre mondiale.

     

    ‡ Histoire du STO, Raphaël Spina, éditions Perrin, 2017, 570 p. (26 €).

  • La Nouvelle revue lorraine : la statuaire en bois du Barrois à l'honneur

    La Nouvelle revue lorraine printanière est parue !

    Découvrez son riche sommaire :

    - Quand la Lorraine passait au royaume de France

    - Le tabernacle de Blevaincourt et son doublon québécois de Trois-Rivières

    - Des restaurations exemplaires

    - La commanderie de Doncourt-aux-Templiers

    - Le temps qu'il faisait au XVIIe siècle en Lorraine

    - Le Bon Père de Vadonville (Meuse)

    - Un impôt contre le Turc

    - Manonviller au début du XVIIIe siècle

    - Les chasseurs cyclistes et la bicyclette pliante Gérard

    - il était "canon"

    - Mon pépère

    - Sur nos chemins... Prendre de la hauteur

    - Nouvelles lorraines

    - Chimères et gargouilles

    - Saints de bois du Barrois

     

    ‡ La Nouvelle revue lorraine est disponible sur abonnement ou vente au numéro (10 €). Plus d'info sur www.nouvelle-revue-lorraine.fr

  • L'Echo des 3 Provinces printanier est paru...

    Pour plus d'info et pour se procurer L'Echo des 3 Provinces, le magazine du Pays des Trois Provinces (Champagne, Franche-Comté et Lorraine), visitez le site http://www.adp3p.com

  • La Nouvelle revue lorraine aux Journées d'histoire régionale à Pont-à-Mousson

    La Nouvelle revue lorraine était présente lors des Journées d'histoire régionale aux Prémontrés à Pont-à-Mousson les 25 et 26 mars dernier, sur le stand de Mémoire des Lorrains tenu par Jean-Marie Cuny, animateur de la publication.

    On peut retrouver La Nouvelle revue lorraine (abonnement et commande de numéros) sur http://www.nouvelle-revue-lorraine.fr

  • La région de Rambervillers, l'authentique

    Blottie au cœur d’un cercle passant par Nancy, Épinal, Lunéville et Saint-Dié, la région de Rambervillers semble veiller sur le massif des Vosges dont elle occupe le piémont.

    Dans cette terre Lorraine, un passé foisonnant a laissé de profondes empreintes. Ainsi, le patrimoine hérité des évêques de Metz voisine-t-il avec les traces de la Grande Guerre et celui légué par la foi de nos ancêtres. Mais cet héritage, aussi varié et original soit-il, ne saurait à lui seul résumer l’esprit d’une région dont les paysages naturels sont l’un des grands atouts. Des hauteurs de la Chipotte aux rives de la Mortagne, les photographes Denis Jacquot et Bernard Pierre ont entrepris de révéler toutes les saveurs d’un territoire attachant dans lequel l’Histoire, la nature et l’art de vivre ne font qu’un.

    Au regard des photographes répondent les témoignages de ceux, écrivains, historiens ou voyageurs qui, au fil des siècles, ont visité la région de Rambervillers, l’ont appréciée et ont pris la plume pour la raconter.

    Ce superbe album, qui n’oublie aucune commune ni aucun site remarquable du pays de Rambervillers, invite son lecteur à pousser la porte d’une région aux charmes multiples.

     

    ‡ La région de Rambervillers. L'authentique, collectif, éditions Anovi-Brumaire, 2017, 200 p., photographies de Bernard Pierre et Denis Jacquot (27 €).

  • Les Rohan : histoire d'une grande famille

    L'origine des Rohan, famille du Bas-Poitou, remonte au début du XIe siècle. Au fil du temps, elle s'est subdivisée en plusieurs branches, la plus importante étant les Rohan Chabot, portant le titre de duc à partir de 1648. Le présent ouvrage retrace pas à pas l'histoire de cette grande famille dont l'apogée se situe peu avant la Révolution. Liés notamment à la Maison de Lorraine par mariage, les Rohan sont alors à la tête d'une fortune incalculable : possédant une bonne partie de la Bretagne, ils multiplient les charges, les fonctions et les honneurs à la Cour. Ils s'illustrent aussi bien dans la politique, l'Eglise, la haute administration ou le domaine militaire.

    Ils connaissent un relatif déclin au cours du XIXe siècle, mais sont toujours actifs. Josselin de Rohan, l'actuel duc, 14ème du nom, vit à Josselin, en Bretagne, le berceau historique de la famille et perpétue les traditions et les valeurs qui se sont transmises en son sein de génération en génération.


    Professeur d'histoire contemporaine à la Sorbonne originaire de Nancy, spécialiste de l'histoire des élites aristocratiques, Eric Mension-Rigau a publié plusieurs ouvrages, dont Aristocrates et grands bourgeois, Le Donjon et le Clocher, Boni des Castellane.

     

    ‡ Les Rohan. Histoire d'une grande famille, Erice Mension-Rigau, éditions Perrin, 2017, 319 p. (22,50 €).

  • Dieu au compas

    Un Dieu Créateur armé d’un compas, concevant et fabricant le monde. Un Dieu architecte, géomètre et arpenteur : cette image n’a cessé depuis le Moyen Âge de nourrir l’imaginaire de l’Occident.

    Revisitant la Bible, la philosophie antique et les Pères de l’Église, François Boespflug retrace l’histoire de cette représentation. Il fait assister à la naissance discrète, au XIe siècle, du motif artistique, à son épanouissement dans l’enluminure médiévale, à son usage quelque peu répétitif jusqu’à la pré-Renaissance puis à son progressif déclin, en dépit du rôle que la franc-maçonnerie reconnaîtra au Grand Architecte de l’Univers et au symbole du compas associé à celui de l'équerre.

    Un essai flamboyant sur l’histoire d’un motif, aussi passionnant que savant.

    Professeur émérite de l’université de Strasbourg, François Boespflug est théologien et historien de l’art et des religions. Il a publié de nombreux livres gravitant autour de la représentation de Dieu, du Christ et de la Trinité dans l’art.

     

    ‡ Dieu au compas, François Boespflug, éditions du Cerf, 2017, 144 p., ill. (15 €).

  • Evêques émérites

    Depuis 1966, les évêques sont tenus de démissionner de leur charge à l'âge de 75 ans. Ils deviennent ensuite "évêques émérites", conservent leur titre mais ne sont plus responsable d'un diocèse. Comme pour tout retraité, mais plus encore pour ces responsables d'Eglise, se pose alors la question de leur place et de leur rôle dans l'Eglise catholique et dans la société. Où se retirer ? Comment répondre aux sollicitations sans faire d'ombre aux évêques en poste ? Quelle place dans la Conférence épiscopale nationale ?

    Répondant à l'appel de Mgr Joseph Doré, archevêque émérite de Strasbourg et de l'abbé Bernard Xibaut, chancelier de l'archevêché alsacien, vingt-neuf évêques émérites offrent leurs témoignages. Ils évoquent leur vie après leur départ, leurs nouveaux engagements, leurs joies - plus de temps pour la prière, pour renouer des liens et rendre des services - et parfois aussi leurs peines - solitude, manque de considération, maladie. De la diversité de leurs expériences découle une réflexion canonique et pastorale, théologique et spirituelle sur les évolutions souhaitables de l'éméritat.

    Quelques prélats émérites ayant exercé en Lorraine ou originaires de la région s'expriment en toute liberté : Mgr Guillaume, évêque émérite de Saint-Dié, Mgr Herriot, évêque émérite de Soissons originaire des Vosges, et Mgr Fréchard, évêque émérite d'Auch natif de Nancy. Des retraites aux formats variés mais toujours au service de l'Eglise et des croyants.

    Cet ouvrage clair et accessible aidera bien sûr les futurs évêques retraités et pose les bonnes questions sur cette étape de la vie des prélats de l'Eglise catholique et leur place dans une société qui n'est pas toujours prête à faire une place aux personnes âgées, quelles soient religieuses ou laïques...

     

    ‡ Evêques émérites. Dans l'Eglise d'aujourd'hui, quel rôle pour les retraités de l'épiscopat ?, Mgr Joseph Doré et Père Bernard Xibaut, éditions La Nuée Bleue, 2017, 316 p. (22 €).

  • Queulot le loup

    Dans les Vosges, au cours du "grand hiver" de 1709, Louis, un jeune garçon découvre un louveteau à l'entrée de la ferme familiale. Il le confie alors à Catherine, une jeune fille du voisinage qui l'éduque et s'y attache profondément...

    Le temps passe. Catherine et le louveteau grandissent, les sentiments se dévoilent... et les problèmes surgissent !

    Entre une horde de loups menaçante, son amour pour Louis et l'inquiétude des villageois, comment agira la jeune fille ?

    Dans le contexte de l'histoire de cette époque, après les malheurs de la guerre de Trente Ans et la reconstruction de la Lorraine engagée par le duc Léopold, Bernard Mathieu, en remarquable conteur vosgien, offre à ses lecteurs une nouvelle bien ficelée et plaisante avec de nombreux rebondissements.

    Un bon ouvrage pour nos jeunes lecteurs.

     

    ‡ Queulot le loup, Bernard Mathieu, éditions Amalthée, 2017, 80 p. (11 €).