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Les livres en Lorraine - Page 5

  • Les habitants de Saint-Nicolas-de-Port de 1530 à 1636

    Solange Louis, généalogiste amateur et passionnée par l'histoire de sa Lorraine natale, poursuit la publication de ses recherches dans les archives départementales de Meurthe-et-Moselle sur Saint-Nicolas-de-Port.

    Dans ce nouvel ouvrage, elle recense, sur plus d'un siècle, la population de Saint-Nicolas-de-Port, cité commerçante prospère avant que ne s'abatte sur la cité la soldatesque et la peste durant la guerre de Trente Ans.

    Elle introduit fort opportunément son inventaire démographique par un rapide historique de la ville avant le saccage de novembre 1635. Entre 1535 et 1636, notre généalogiste nous invite à suivre la population de Port dans ses différentes activités du quotidien ; des centaines de patronymes sont ainsi "ressuscités" pour le plus grand bonheur des amateurs de généalogie et d'histoire locale. Les archives notariales des XVIe et XVIIe siècles ont été exploitées à travers une masse de ventes, de donations, de locations ou d'échanges de biens qui donnent corps et vie à ces hommes et ces femmes qui ont construit et animé la cité nicolaïenne lorraine des bords de Meurthe.

    L'auteur nous annonce d'ores et déjà la parution de deux autres ouvrages à la suite de ce premier tome : l'un consacré aux nombreux Savoyards venus s'installer en Lorraine entre 1500 et 1720, puis un autre opus sur les artistes qui ont œuvré à Saint-Nicolas-de-Port durant la même période.

    Un remarquable travaille de "bénédictine" pour une meilleure connaissance du monde la roture et de la petite bourgeoisie de Saint-Nicolas-de-Port et de sa région.

     

    ‡ Les habitants de Saint-Nicolas-de-Port de 1530 à 1636, Solange Louis, CopyMédia, 2016, 234 p., ill. (25 €). Disponible chez l'auteur, 9 rue Duc Raoul, 54000 Nancy.

  • AS Nancy-Lorraine - Petites et grandes histoires depuis 1967

    1967-2017. Ce cinquantenaire symbolise la saga de l'AS Nancy-Lorraine dans la sphère du football professionnel français.

    En feuilletant cet ouvrage anniversaire, fourmillant d'anecdotes et de faits historiques méconnus, le lecteur assiste à la genèse de l'ASNL, tout comme il découvre la personnalité de son président fondateur et le rôle déterminant de Jacques Rousselot pour maintenir à flot, contre vents et marées, l'immense paquebot nancéien.

    En outre, le lecteur fait plus ample connaissance avec des joueurs emblématiques ou des entraîneurs historiques. Au rayon des hommages, la biographie du fondateur du stade nancéien, Marcel Picot, qui donna son nom au stade nancéien, est retracée, puis tous les gardiens de but ont droit aussi à leur portrait ainsi que quelques personnalités de "l'ombre", à l'image du président Cattier, du kinésithérapeute Bernard Bonnavia, du premier président du club des supporters Raymond Lemoine... Bref, tous ceux qui ont fait l'ASNL bien au-delà de ces cinquante dernières années.

     

    ‡ AS Nancy-Lorraine. Petites et grandes histoires depuis 1967, Bertrand Munier, éditions Vent d'Est, 2016, 240 p., ill. (29 €).

  • Journal du camp de Vittel

    Le 14 août 1942, Hannah, l’épouse d’Yitzhak Katzenelson, l’un des plus grands poètes juifs du XXe siècle, et leurs deux plus jeunes garçons sont convoyés vers Treblinka depuis le ghetto de Varsovie. Katzenelson et son fils aîné, Zvi, en réchappent et travaillent quelques mois dans un atelier allemand situé dans les décombres du ghetto. Sans illusion sur le sort réservé à sa femme et ses enfants, Katzenelson cesse alors d’écrire. 

    Grâce à la Résistance juive qui cherche à le protéger, il obtient des faux papiers du Honduras qui lui permettent de quitter la Pologne. Le 22 mai 1943, Katzenelson et son fils sont envoyés au camp de Vittel, dans les Vosges ; un camp installé dans l'hôtel Providence pour ressortissants civils de pays ennemis (essentiellement anglo-saxons) détenus par les Allemands comme éventuelle monnaie d’échange.

    Miné par une terrible dépression, Katzenelson écrit quelques lignes dans son Journal puis se mure dans le silence. Ce n’est qu’à la veille de l’anniversaire de la liquidation du ghetto de Varsovie, en juillet 1943, qu’il commence à véritablement tenir son Journal qui, bien qu’il ne court que sur deux mois, constitue un document d’une rare intensité. Voici le témoignage d’un homme brisé qui survit dans un entre-deux de la mort.

    En septembre 1943, les 173 derniers détenus du camp de Vittel sont dirigés vers Drancy puis, le 29 avril 1944, à Auschwitz. Dont Katzenelson et son fils. Son Journal de Vittel sera sorti clandestinement du camp et c'est ainsi qu'il est parvenu jusqu'à nous. Reflet de la lutte d'une victime de la barbarie nationale-socialiste, le Journal est aussi un témoignage poignant de la vie dans le camp vosgien et sur la Shoah en Pologne.

     

    ‡ Journal du camp de Vittel, Yitzhak Katzenelson, éditions Calmann-Lévy, 2016, 234 p. (20 €).

  • La Grande Guerre à Dieulouard

    L'abbé Gustave Clanché (1869-1957), curé de Dieulouard à partir de 1908, publia le compte rendu des événements vécus durant la Première Guerre mondiale dans sa paroisse dans le bulletin paroissial entre 1925 et 1932.

    La précision du témoignage étonne le lecteur du début du XXIe siècle : le prêtre livre le récit au jour le jour des événements civils et militaires qui furent le quotidien des Scarponais - les habitants de Dieulouard - pendant ces quatre années de guerre.

    A travers son récit, on découvre combien Dieulouard a payé très cher sa proximité avec la ligne de front, sa situation stratégique dans l'axe de la vallée de la Moselle ainsi que la présence de la "grosse pièce" d'artillerie que les Allemands n'ont eu de cesse de débusquer et de détruire.

    L'ouvrage est illustré de plus 130 cartes postales et photographies anciennes qui rendent vivant le témoignage du curé Clanché.

     

    ‡ La Grande Guerre à Dieulouard par l'abbé Gustave Clanché, Michel Tête (prés.), éditions des Amis du Vieux Pays, 2016, 112 p., ill. (24 €).

  • Quand la marine impériale bombardait Nancy - 1916-1917

    Le "canon de Hampont", souvent appelé le "Gros Max", est une très grosse pièce d'artillerie de la marine allemande, mise en place pour un emploi terrestre en Moselle, entre Hampont et Château-Salins.

    A partir du 1er janvier 1916 et jusqu'au début de 1917, ce super canon de 260 tonnes exécute, par-dessus le front, des bombardements sur trois agglomérations de l'est lorrain : Nancy, Dombasle-sur-Meurthe et Lunéville. Servi par des canonniers marins, il crache, à une trentaine de kilomètres, environ 150 énormes obus qui occasionnent des dégâts et provoquent des victimes.

    Cent ans plus tard, il ne reste rien de cette pièce. Sur son site subsistent des vestiges ; son activité et ses conséquences ont laissé des traces dans les archives et son souvenir s'est transmis dans la mémoire des habitants des localités concernées par sa présence et ses tirs. Pourtant, ce "Gros Max" semble méconnu du grand public. Grâce à cet ouvrage, le lecteur va mieux connaître cet épisode de la Grande Guerre.

    L'ouvrage ne se limite pas à décrire le "Gros Max", il passe en revue tout ce qui, dans ce matériel, constitue une "démesure" par rapport à son importance dans l'Histoire : d'une part ses dimensions, ses performances, son environnement, ses soutiens et sa logistique ; d'autre part sa place dans les préoccupations des autorités militaires et civiles françaises. Il explique notamment les raisons de l'emploi d'une telle pièce d'artillerie lourde et cherche à découvrir pourquoi le haut commandement allemand a interrompu son activité.

    La diversité des aspects abordés et la richesse de l'iconographie résultent de la collaboration des auteurs qui ont mis en commun leurs connaissances et leurs fonds.

     

    ‡ Quand la marine impériale bombardait Nancy 1916-1917, collectif, éditions Gérard Klopp, 2016, 99 p., ill. (24 €).

  • Charles de Foucauld, sa vie, sa voie

    Charles de Foucauld. C'est l'homme de la fraternité, un homme à l'itinéraire surprenant. Ce n'était pas donné d'avance : il voulait l'absolu, la perfection, frayer son chemin à lui, aboutir.
    Il a rencontré, sur ses routes, de pauvres hommes : entre autres, l'homme Jésus de Nazareth, celui de la « dernière place », des musulmans, des juifs, des incroyants de tous les jours, des militaires, des esclaves, jusqu'à des nomades et des sédentaires perdus au fin fond du plus grand désert du monde. Ils ont transformé sa vie.
     
    Il a désiré devenir, pour eux tous, pour l'autre, un « frère », un « ami sûr » : que chacun, quel qu'il soit, de quelque univers qu'il soit, de quelque statut, religion, conviction qu'il soit, puisse, à ses actes, le reconnaître comme tel.
     
    Itinéraire singulier. Itinéraire qu'est invité à prendre l'homme d'aujourd'hui, un homme qui, avec bonheur, pourrait devenir un frère pour l'homme, un cœur.
     
    C'est aussi l'histoire de l'oeuvre du Père de Foucauld : "l'Union". Fondée par Charles de Foucauld en 1909, c'est une « confrérie » destinée à tout baptisé, prêtre ou laïc, qui désire être, là où il est, avec Jésus de Nazareth, un frère pour l'autre. Après son assassinat le 1er décembre 1916, l'Union a été continuée par Louis Massignon qui, à sa mort (1962), l'a remise entre les mains du Père Jean-François Six, prêtre de la Mission de France.
     
    ‡ Charles de Foucauld. Sa vie, sa voie, Jean-François Six, éditions Artège, 2016, 636 p. (9,50 €).

  • La guerre aux portes de Saint-Mihiel

    Saint-Mihiel. Ce nom reste encore bien attaché au souvenir de la Première Guerre mondiale. Il est associé à la hernie formée sur le front en Lorraine entre septembre 1914 et septembre 1918 et qui prit le nom de « saillant de Saint-Mihiel ». À proximité de la ville, les combats les plus sanglants de la guerre eurent lieu en forêt d’Apremont, du bois Brûlé au bois d’Ailly, de l’automne 1914 au printemps 1915. Mais avant que le front ne se fixe sur ces espaces de malheur à la fin septembre 1914, le pays sammiellois fut le témoin d’un duel titanesque entre les forts du rideau des hauts de Meuse et les artilleurs allemands et autrichiens des batteries lourdes chargées de les neutraliser.

    Dans ce livre, Nicolas Czubak présente l’arrivée des troupes bavaroises à Saint-Mihiel, le destin des garnisons des forts du Camp des Romains et de Liouville, le passage de la guerre de mouvement à celle de position à l’automne 1914 en forêt d’Apremont ainsi que la montée en puissance des moyens de destruction dans le massif forestier en 1915.

    Appuyé sur de nombreux témoignages et sur une abondante documentation photographique composée de plus de 230 clichés issus de la collection de l’Association pour la sauvegarde du fort de Liouville (ASFL) et de fonds privés, cet ouvrage nous présente, à hauteur d’hommes, la guerre sur cette partie du front de 1914 à 1916.

     

    ‡ La guerre aux portes de Saint-Mihiel, Nicolas Czubak, éditions Ysec, 2016, 152 p., ill. (24).

  • L'année lorraine

    Du premier de l'an à la Saint-Sylvestre, en passant par le carnaval, Pâques, les feux de la Saint-Jean, la rentrée des classes ou encore Noël, l'année lorraine s'écoule au rythme de nombreuses fêtes et coutumes souvent anciennes, dont l'origine et la symbolique nous sont parfois devenus difficiles à comprendre.

    D'où nous vient en effet la tradition des crécelles, pendant la Semaine Sainte ? Et celle, typiquement vosgienne, des Champs Golots ? Quelle sont les origines de l'oie de la Saint-Martin ? Pourquoi la Saint-Étienne et le Vendredi Saint sont-ils fériés en Moselle et pas dans le reste de la Lorraine ? Et comment expliquer que la Saint Nicolas continue de jouir, en Lorraine, d'une ferveur aussi extraordinaire que mystique ?

    Les réponses à ces questions sont à chercher dans les racines même de la région. À la fois celtiques, chrétiennes et germaniques, celles-ci nous montent que les fêtes de notre calendrier forment un patrimoine à part entière. Un patrimoine fragile et hélas ! trop souvent méconnu. Mais un patrimoine qu'il nous appartient de comprendre, de découvrir et de revendiquer… Pour mieux le sauvegarder !

    Originaire du Jarnisy, Kévin Gœuriot enseigne l'histoire et la géographie au collège de Kédange-sur-Canner, dans le nord mosellan. Spécialiste reconnu de l'histoire de la Lorraine, il a publié une série d'articles et d'ouvrages sur le sujet, dont une Histoire de la Lorraine racontée aux jeune, saluée pour sa pédagogie et Quand la Lorraine sera française, roman historique récompensé par le prix des Conseils Généraux de Lorraine. En tant que guide et conférencier, il est également un acteur engagé dans la promotion du patrimoine et de sa culture de la région.

     

    ‡ L'année lorraine. Une petite histoire des fêtes, coutumes et traditions populaires en Lorraine, Kévin Goeuriot, éditions des Paraiges, 2016, 240 p., ill. (20 €).

  • L'Echo des 3 Provinces d'hiver est paru

  • La balade-découverte estivale de Bleurville dans L'Echo des 3 Provinces d'hiver

  • Emile Friant, le dernier naturaliste ?

    Émile Friant (1863-1932) est un inclassable génie. Cet élève de Cabanel, avec lequel il s’entendra assez mal, en aura acquis la virtuosité et le métier étourdissant. Mais il saura s’éloigner très vite de ce maître trop dogmatique pour révéler toute sa sensibilité, très proche souvent des impressionnistes auxquels on ne peut cependant pas le rattacher.

    Serait-il alors un peintre naturaliste, comme pourraient le faire penser ses choix de scènes de la vie quotidienne ? Ou un réaliste, aux portraits quasi photographiques ?

    Finalement, il s’avère impossible de le réduire à une école, à un courant. Il se révèle un peintre profondément original, capable d’allier la plus grande précision dans le rendu sans se départir d’une poésie et d’une verve narrative qui aujourd’hui encore font notre admiration.

    On redécouvre toutes les facettes de son talent si multiple et profond dans cet ouvrage qui accompagne la grande exposition rétrospective que lui consacre le Musée des Beaux-Arts de Nancy jusqu'au 27 février 2017.

     

    ‡ Emile Friant 1863-1932. Le dernier des naturalistes ?, Charles Villeneuve de Janti (dir.), Somogy éditions d'art, 2016, 208 p., ill. (28 €).

  • Ce qu'ils auraient fait de l'Alsace-Lorraine...

    A leur entrée dans les villes et les villages de Moselle et d’Alsace en 1918, les soldats français lisaient ces mots partout répétés : « MERCI A NOS LIBÉRATEURS ! ». Libérés, par les soldats de l’Entente, d’une domination chaque jour plus pesante, les Alsaciens-Mosellans devinaient que le militarisme prussien avait rivé, dans l’ombre, pour l’avenir, des chaînes plus lourdes encore.

    Si la guerre avait été courte... mais la guerre a duré : les gouvernants allemands ont eu le temps d’écrire l’angoisse que leur causait, dès août 1914, le problème alsacien-lorrain, et de cette an­goisse, qui allait croissant, ils n’ont pas eu le temps de faire disparaître le témoignage. De cette inquiétude il nous est possible, désormais, d’en donner le témoignage authen­tique, irréfutable que l’Alsace-Lorraine était, pour les gouvernants allemands, un « pays ennemi » et qu’après quarante-quatre années de contact, ils étaient arrivés à cette con­clusion qu’il faudrait profiter de la force que donne l’occupation militaire avec ses lois d’exception, pour la germaniser.

    Dans ce petit ouvrage, l'auteur esquisse très brièvement leurs plans de germanisation du Pays d’empire qu’était l’Alsace-Lorraine depuis 1870 afin de l'intégrer définitivement au Reich.

    L'auteur, Charles Schmidt (1872-1956), né à Saint-Dié, historien et archiviste, réorganisa les archives d’Alsace-Lorraine de 1918 à 1923 et fut président de la Société de l’Ecole des Chartes.

     

    ‡ Ce qu'ils auraient fait de l'Alsace-Lorraine, Charles Schmidt, éditions des Régionalismes, 2016, 70 p., ill. (11 €).

  • Le calendrier des grandes dates de l'histoire de Lorraine

    Jean-Marie Cuny, lotharingiste bien connu et animateur de La Nouvelle revue lorraine, propose un calendrier des grandes dates de l'histoire de Lorraine.

    Il nous rappelle fort opportunément les événements fondateurs de l'histoire de nos duchés de Lorraine et de Bar.

    Et, à cette occasion, nous en profitons pour rappeler le prochain rendez-vous des Lorrains fiers de leur histoire et du souvenir de leurs ducs et duchesses : la fête des Lorrains et la célébration de la Bataille de Nancy de 1477 qui aura lieu le 5 janvier 2017 à 18h30 devant le monument de la Croix-de-Bourgogne à Nancy.

     

    > Le calendrier des grandes dates de l'histoire de Lorraine est en vente au prix de 12 € franco. Adressez vos coordonnées postales et votre règlement (à l'ordre de Pèlerins de Lorraine) à : JEAN-MARIE CUNY, LE TREMBLOIS, 54280 LANEUVELOTTE.

  • Le coeur de la Lorraine 1939-1945

    Rares sont les témoignages de civils, et plus rares encore ceux des femmes, sur la période de l'Occupation en Moselle durant la Seconde Guerre mondiale. C'est dire l'originalité des Cahiers de Marie-Louise Kontzler. Son récit apporte également un éclairage plus général sur une période de plus de quatre ans au cours de laquelle les Mosellanes et les Mosellans, des Lorrains restés Français en droit international, ont été amenés à partager le destin du "Grand Reich", les autorités allemandes alliant séduction, menaces et coercition.

    Ses Cahiers sont un mélange de bruits du monde et de sa propre existence au jour le jour, entrecoupés de quelques poèmes. Que ce soit à la ville ou à la campagne, c'est-à-dire à Metz, à Thionville et à Kédange-sur-Canner, les principaux lieux habités ou fréquentés par Marie-Louise durant le conflit, on lit dans son récit de nombreux éléments du quotidien. Dans cette Lorraine nouvelle version allemande, la mise au pas passe par l'importation de toutes les organisations politiques liées au parti nazi et par l'enrôlement conseillé puis imposé dans la Wehrmacht et les Waffen SS, et enfin l'incorporation de force.

    Grâce à cet ouvrage, nous savons mieux comment les gens "ordinaires" ont subi et analysé ces phénomènes autour de l'occupation : tentative de déracinement national et religieux, étouffement de toute une population dans un carcan totalitaire, pénurie organisée, angoisse du lendemain...

    Les Cahiers de Marie-Louise Kontzler constituent une référence et une source d'espoir pour notre monde redevenu incertain et soumis à une forme de nouvelle barbarie.

     

    ‡ 1939-1945. Le cœur de la Lorraine. Récit de guerre d'une jeune Mosellane, Marie-Louise Kontzler, éditions des Paraiges, 2016, 268 p. (20 €).

  • Charles de Villers : de Boulay à Göttingen, itinéraire d'un médiateur franco-allemand

    La vie de Charles de Villers présente tous les caractères d'un roman d'aventures : longs voyages, coups du sort, providentielles rencontres, amitiés et trahisons, joies et déceptions, sans oublier l'amour. Durant ses cinquante ans d'existence (Boulay, 1765 - Göttingen, 1815), il  fut le témoin engagé de bouleversements titanesques, assista à la fin de la monarchie en France et à l'émergence d'une conscience nationale en Allemagne, vite la naissance d'un Empire, sa rapide extension de l'Atlantique à l'Oural, puis son effondrement dans le cliquetis des armes et le grondement des canons.

    Doté d'un physique avantageux, il savait plaire. Germaine de Staël tomba sous son charme et tenta l'impossible pour l'arracher à l'affection de Dorothea Rodde, avec qui il avait uni son destin. Mais ce héros de roman était aussi un penseur, un intellectuel qui atteignit au début du XIXe siècle un niveau de notoriété qu'on a peine à imaginer. Tout ce qui compte de savants en France et en Allemagne connaissait Charles de Villers ; car il était alors le Français le mieux informé sur ce qui s'écrivait et se discutait de l'autre côté du Rhin, dans les domaines de la littérature, de l'histoire, de la philosophie ou des sciences. Sa Philosophie de Kant fut le premier ouvrage de vulgarisation de la doctrine kantienne. On lui doit encore l'invention de la littérature comparée qu'il enseigna à Göttingen. Nombreux sont les domaines où, en aventurier du savoir, il s'est porté à l'avant-garde de la pensée.

     

    ‡ Charles de Villers. De Boulay à Göttingen, itinéraire d'un médiateur franco-allemand, Monique Bernard, éditions des Paraiges, 2016, 366 p. (20 €).

  • Un centaure au crépuscule : Alexis L'Hotte

    Le général lunévillois Alexis L'Hotte (1825-1904) passe pour le plus orthodoxe promoteur de l'équitation classique française, aujourd'hui inscrite au patrimoine immatériel de l'humanité.

    Elève chéri de deux fameux écuyers antagonistes, François Baucher et le comte d'Aure, L'Hotte se voit crédité d'une synthèse illusoire de l'enseignement des deux maîtres.

    En vérité, il a pioché chez l'un et chez l'autre au gré des situations. son "calme, en avant droit" oriente une quête ; il ne fonde pas une méthode.

    Beau, élégant jusqu'à la coquetterie, sobre et précis, L'Hotte subjugua tous les cavaliers qu'il eut à former à Saint-Cyr comme à Saumur. Il fascina la cour impériale et se fit de Lyautey un admirateur indéfectible... Il demeura néanmoins un maître avare de conseils. Quand il mettait pied à terre, c'était aussitôt pour prendre des notes, debout à son plan de travail, solitaire et silencieux. Et, paradoxalement, cette distance accrut son prestige. Pour le reste, le général ne combattit jamais. Il n'en fut pas moins autorisé à prononcer des avis définitifs sur les nécessaires mutations de la cavalerie militaire... Jamais il ne pressentit le naufrage de la civilisation équestre.

    Cependant, l'impeccable parcours de l'écuyer se confond avec l'histoire de la question équestre au XIXe siècle. Or, jamais jusqu'alors cette question n'avait à ce point obnubilé les esprits. En effet, le paradoxe mérite d'être relevé, le "siècle de l'industrie" fut aussi, et d'abord, presque, celui du cheval.

     

    ‡ Un centaure au crépuscule. Alexis L'Hotte, Nicolas Chaudun, éditions Actes Sud, 2016, 177 p. (19 €).

  • Par le fer et le feu

    L'auteur s'attache dans cet ouvrage à transmettre les souvenirs du colonel Auguste Evrard, vosgien, officier d'artillerie de carrière, issu de la promotion 1894 de l'Ecole polytechnique. Auguste Evrard a fait toute la Première Guerre mondiale au XXe corps d'armée. Cette unité ne sera jamais statique : elle s'illustrera sur tous les champs de bataille du Nord et de l'Est. Elle sera présente en Lorraine, Artois, Champagne, trois fois au Chemin des Dames, sur la Somme, à Verdun, en Flandre.

    En regard du texte original du colonel Evrard, Sébastien Evrard, son descendant enseignant à l'Université de Lorraine, y commente ses campagnes, l'attitude du soldat devant le danger et devant l'ennemi, son patriotisme, ses abattements, le quotidien du poilu dans les tranchées...

    Ce témoignage remarquablement documenté et bien illustré éclaire d'un jour nouveau des batailles mal connues, telle cette offensive allemande de mai 1918 qui parvient à enfoncer le front français et s'arrête sur la Marne, ou encore l'offensive franco-américaine de Lorraine en septembre 1918.

     

    ‡ Par le fer et par le feu. Auguste Evrard (1873-1932) - Souvenirs militaires d'un officier d'artillerie lorrain, Sébastien Evrard (prés.), Ysec éditions, 2016, 135 p., ill. (22 €).

  • Imagerie d'Epinal : l'encyclopédie illustrée

    En plus de deux cents ans, les planches illustrées de l'Imagerie d'Epinal ont abordé presque tous les domaines.

    Autrefois diffusées au sein des familles, elles enseignaient aussi bien l'histoire et la géographie, que la religion, la littérature et l'histoire naturelle. Elles montrent aujourd'hui un point de vue rétro et insolite sur les dynasties royales, les grands événements de l'histoire de France, les saints et la vie de Jésus, les animaux, les oiseaux et les papillons, les anciennes colonies, les contes et légendes, l'automobile ou encore l'architecture dans le monde. Bref, une collection de sujets qui font encore la base de la culture populaire française !

    Ce bel album se propose de rassembler tous ces thèmes sous la forme d'une encyclopédie imaginaire illustrée afin de mieux les décrypter... et de nous faire rêver comme nos ancêtres lorsque ces belles images entraient dans leurs foyers.

     

    ‡ Imagerie d'Epinal. L'encyclopédie illustrée, Imagerie d'Epinal - Editions du Chêne, 2016, 503 p. (29,90 €).

  • Alsace-Lorraine : histoire d'un "pays perdu" de 1870 à nos jours

    Initialement publié en 2010, cet ouvrage du regretté professeur émérite François Roth, est sans équivalent à ce jour. Il revisite l'histoire de cette "Alsace-Lorraine" à travers la longue persistance de cette dénomination.

    Il nous conte la fortune de cette expression apparue avec les efforts de l'Empire allemand pour intégrer sa nouvelle conquête après 1871 et les comportements de refus puis d'acceptation des annexés. Il analyse l'héritage de cette désignation historico-géographique jusqu'à nos jours.

    Rappelons que l'appellation Elsass-Lothringen surgit au cours de la guerre de 1870 puis est officialisée par les Allemands au traité de Francfort en 1871. Mais cette création pose la question fort ancienne des rapports entre l'espace germanique et l'espace roman puis français.

    L'Alsace-Lorraine correspond bien à la notion d'un "pays perdu" - aujourd'hui disparu, même si la nouvelle grande région réunie à nouveau cette Alsace-Lorraine ! - qui a alimenté la chronique internationale durant 47 ans.

     

    ‡ Alsace-Lorraine. Histoire d'un "pays perdu" de 1870 à nos jours, François Roth, éditions Tallandier, coll. Texto, 2016, 223 p. (8,50 €).

  • La Nouvelle revue lorraine n° 41 : photographie d'art et Bataille de Nancy

    Et voici déjà le dernier numéro de l'année de La Nouvelle revue lorraine... Et, comme à son habitude, votre revue préférée vous propose un sommaire riche et varié. Jugez-en !

    - Un talent et des images : les photographies de José Adamo
    - L'œuvre de César Pain
    - Buffalo Bill à Saint-Dié
    - Châteaux lorrains détruits
    - La harangue
    - George Christophe Kast, un savant médecin de Stanislas
    - Le duc de Choiseul-Stainville et le musée départemental des Vosges
    - Louis Bertrand revient
    - Antoine et Henri Boulay de la Meurthe
    - Les soeurs Mathieu de Sarrebourg
    - Le docteur René Muller : un homme déterminé face à l'occupant
    - La forêt enchantée
    - Le cri du bedeau
    - Ex-libris
    - Romary et la fontaine des Voleurs
    - Le droit local contesté
    - Chronologie du règne de René II
    - La bataille de Nancy : une victoire fondatrice pour le duché de Lorraine
    ... Et les rubriques habituelles : l'édito' de Jean-Marie Cuny, les infos lorraines, les livres récents.

     

    ‡ La Nouvelle revue lorraine est disponible sur abonnement (38 €, 6 numéros, règlement par chèque à l'ordre de "SEP Helenus - La Nouvelle revue lorraine"). Coordonnées postales et règlement à envoyer à : LA NOUVELLE REVUE LORRAINE, LE TREMBLOIS, 54280 LANEUVELOTTE.

  • Frédéric, le roman de Chopin

    Gilles Laporte revisite pour notre plus grand plaisir la vie tumultueuse de Frédéric Chopin, ce lotharingo-polonais devenu un virtuose du piano.

    Originaire du Dauphiné, le grand-père de Frédéric arrive en Lorraine en 1705, s'y marie et se lance... dans la contrebande du tabac ! Son fils, le père de notre musicien, Nicolas, nait en 1771 à Marainville-sur-Madon, au cœur du Saintois. En 1771, violon sous le bras, il quittera sa Lorraine natale annexée par la France pour s'installer en Pologne et y prendre épouse.

    1810. Naissance de Fryderyk, deuxième enfant des Chopin. Le génie musical n'a plus qu'a éclore... Et puis ce sera le retour en France en 1830. Frédéric compose et joue à Paris et y soigne ses blessures d'amours adolescentes. D'une santé fragile, il s'épuise en travail, en fêtes, en relations féminines, jusqu'au jour où George Sand l'enlève à la hussarde. Paris, Nohant, Majorque : leur passion orageuse durera près de dix ans.

    1849. La tuberculose, la rupture avec Sand, ses ultimes concerts... Frédéric meurt à Paris, dénué de tout.

    Une belle aventure romantique et historique contée avec force et vigueur par un amoureux de la Lorraine.

     

    ‡ Frédéric. Le roman de Chopin, Gilles Laporte, MA éditions, 2016, 406 p. (24,50 €).

     

  • Le général de Bertier de Sauvigny

    Le général Anne-Pierre de Bertier de Sauvigny (1770-1848) est un militaire lorrain plutôt méconnu. Né à Paris, il a cependant passé une grande partie de sa vie au château de la Grange à Manom (Moselle) d'où il gérait son vaste domaine foncier. Âgé de 18 ans en 1789, il meurt quelques mois après la révolution de 1848 qui voit la chute définitive de la monarchie en France. Monarchiste ultra, tout au long de sa vie, il se consacre à rétablir et à défendre les Bourbons. Il mènera une vie aventureuse et accomplira une carrière militaire tumultueuse : de l'armée du prince de Condé au soulèvement de la Vendée contre Napoléon lors des Cent-Jours, de l'expédition d'Espagne à la prise d'Alger, Bertier de Sauvigny trace l'histoire de cette France qui refusa d'épouser les idéaux de la Révolution.

     

    ‡ Le général de Bertier de Sauvigny (1770-1848). Un royaliste au temps des révolutions, Stéphane Einrick, éditions des Paraiges, 2016, 195 p. (15 €).

  • La maçonnerie en Lorraine

    "Le maçon doit croire en Dieu, respecter l'Eglise et la royauté (...)". Ce principe, inscrit dans les fondements de la franc-maçonnerie du XVIIIe siècle, ne passera pas le cap du XIXe siècle anticlérical. Les deux tomes de cet ouvrage revisitent l'histoire de la franc-maçonnerie en Lorraine - et particulièrement à Nancy avec la loge historique Saint Jean de Jérusalem - où elle s'est implantée assez tôt, du premier maçon connu, le "mécanicien" Vayringe proche du duc François III, initié auprès d'une loge anglaise, jusqu'au frère Bernardin, membre influent de la loge du Grand Orient de France de Nancy au début du XXe siècle.

    Des relations apaisées entre les loges et l'Eglise au XVIIIe siècle aux joutes électorales de la République anticléricale en passant par les assauts de Mgr Turinaz, le remuant évêque de Nancy, contre les frères, la loi de Séparation de 1905 et les inventaires, ainsi que les différentes affaires qui marquèrent la vie des loges de la cité ducale, c'est tout un pan de l'histoire des idées en Lorraine qui nous est donné de revivre.

     

    ‡ La maçonnerie en Lorraine. Tome I - Des origines au combat pour la république / Tome II - La franc-maçonnerie et l'Eglise dans la tourmente 1892-1906, Jean-Claude Couturier, éditions Kaïros, 2016, 572 p., ill. (23 € le tome).

  • Ainsi, Dieu choisit la France

    Camille Pascal revisite les grands événements de l'histoire de France qui ont fait de notre pays la "fille aînée de l'Eglise", depuis son baptême au Ve siècle jusqu'au divorce inscrit dans la loi de séparation de 1905.

    « Ainsi, Dieu choisit la France de préférence à toutes les autres nations de la terre pour la protection de la foi catholique et pour la défense de la liberté religieuse. » En a...dressant ces mots au roi Saint Louis, le 21 octobre 1239, le pape Grégoire IX reconnaît à la France un rôle prédestiné depuis la conversion de Clovis. Conversion confirmée, siècle après siècle, par plusieurs dynasties et des générations entières, jusque et y compris dans le renoncement et la rupture.

    Partant de cet événement originel, l'auteur revisite les scènes fondatrices de la France catholique qui ont fait de notre pays la « Fille aînée de l'Église », depuis son baptême au Ve siècle jusqu'au divorce inscrit dans la loi de 1905.

    Dans la lignée des historiens de l'époque romantique, il renoue délibérément avec le « récit national » qui, repris au compte de l'école républicaine par Jules Ferry et Ernest Lavisse, a su donner une réalité à l'idée même de la France en la faisant connaître, aimer et partager par tout un peuple. Permettre à chacun, qu'il soit catholique ou non, de retrouver, de comprendre et de s'approprier les racines chrétiennes de la France. Afin de clouer le bec à tous ceux qui renient - ou qui nient - ces fondements chrétiens.

     

    ‡ Ainsi, Dieu choisit la France. La véritable histoire de la fille aînée de l'Eglise, Camille Pascal, éditions Presses de la Renaissance-Plon, 2016, 348 p. (18 €).

  • Il y a cent ans... Les gens de Lorraine

    L'ouvrage ne se résume pas à une belle série de cartes postales nostalgiques des temps anciens. L'auteur replonge le lecteur dans la Lorraine au tournant des XIXe et XXe siècle, avant la grande déflagration mondiale qui fera tant de ravages sur notre terre lorraine...

    Tout ce qui touche la vie quotidienne des Lorrains de cette époque que l'on disait "belle" est abordé par le prisme de la carte postale qui était alors l'objet fétiche de la communication. Un zeste d'histoire politique et géographique de la Lorraine saupoudré d'un peu de vie rurale et industrielle, d'us et coutumes, de contes et légendes de nos pays lorrains, le tout assaisonné d'un peu d'ethnologie qui explique les mœurs et les caractères de nos Lorrains.

    Bref, un quotidien qui a fait ce que nous sommes. Des hommes et des femmes qui nous ont légué une histoire et un territoire qu'il nous appartient de continuer à faire vivre. Notre histoire en somme.

     

    ‡ Il y a cent ans... Les gens de Lorraine, Serge Pacaud, éditions des régionalismes, 2015, 204 p., ill. (23,50 €).

  • Le sang des races

    Le Sang des races, roman édité initialement en 1899 par l'académicien meusien Louis Bertrand, relate avec enthousiasme la vie de ces milliers de migrants - devenus colons - du pourtour méditerranéen qui, après 1830 ont choisi Alger comme destination.

    Ces « nouveaux débarqués », espagnols pour la plupart, dont l'énergie, les appétits, la violence et l'amoralisme gouailleur sont mis en scène, sont dépeints par Bertrand comme des « êtres de liberté, de gloire et de joie ».

    Voici l'un des romans fondateurs de la littérature algérienne de langue française par un Lorrain amoureux de ces terres françaises d'Afrique du Nord.

     

    ‡ Le sang des races, Louis Bertrand, Peter Dunwoodie (prés.), éditions L'Harmattan, 2016, 259 p. (30 €).

  • C'est ainsi que les hommes vivent

    Les Presses de la Cité rééditent la fresque historique monumentale du vosgien Pierre Pelot, saga qui se déroule sur deux époques au cœur des Vosges. C'est "le" chef-d'œuvre de Pierre Pelot.
     
    1999. Lazare Grosdemange, écrivain, revient dans son village natal vosgien. Il cherche à retrouver des fragments de sa mémoire, perdue à la suite d'un étrange accident. Dans ce même village, au XVIIe siècle, lors de la dramatique guerre de Trente Ans, Dolat apprend le secret de ses origines : il est le fils d'une paysanne brûlée vive pour sorcellerie. Amoureux fou, pour son plus grand malheur, de la noble dame Apolline, chanoinesse de chapitre noble Saint-Pierre de Remiremont, le jeune homme doit fuir avec elle et sombre bientôt dans l'enfer de la guerre.
     
    Comment, défiant quatre siècles d'histoire, les chemins de Lazare Grosdemange, l'écrivain, et de Dolat, le « fils du diable », se retrouveront-ils ?... Histoire d'une résurrection (le Lazare des Evangiles) et d'une histoire personnelle (Grosdemange étant le patronyme officiel de Pelot).
     
     
    ‡ C'est ainsi que les hommes vivent, Pierre Pelot, Presses de la Cité, 2016, 1237 p. (21 €).

  • La bataille aérienne de Verdun en 1916

    En cette année du centenaire de la bataille de Verdun, la prestigieuse revue des pilotes de ligne et de l'armée de l'Air, Icare, vous propose de porter un éclairage sur celle qui se déroula au-dessus des tranchées et des forts, assommés par l’artillerie ennemie.

    En ce début de 1916, l’aviation française ne brillait pas par sa force ; elle était sur ce théâtre d’opérations quatre fois moins nombreuse que celle de l’adversaire. En outre, la chasse allemande était dotée d’une avance technologique certaine, à l’instar du tir synchronisé à travers l’hélice, à comparer à l’arme française tirant par dessus et beaucoup moins performante.

    Devant la suprématie aérienne ennemie empêchant l’observation du front, le général Pétain, alors commandant de la place de Verdun, convoqua le commandant Tricornot de Rose - un lorrain-franc-comtois -, figure de l’aviation de chasse, et lui lance la phrase devenue célèbre : “Rose, je suis aveugle, balayez-moi le ciel”.

    Accélérant en particulier l’introduction du chasseur Nieuport XI dit "Bébé", le haut-commandement français va revoir sa doctrine d’emploi, affectant sur les meilleures machines les meilleurs pilotes. Au risque de diminuer l’efficacité des unités auxquelles ceux-ci sont soustraits, il va préférer une meilleure efficacité collective au détriment des actions individuelles. Le commandement des escadrilles de corps d’armée sera désormais calqué sur celui des secteurs de l’infanterie, augmentant la performance des réglages d’artillerie et des observations photographiques.

    En cela, le théâtre d’opérations de Verdun, suivi de celui de la Somme l’été suivant, marquera un tournant dans l’efficacité de l’arme aérienne, arme qui sera en mesure de prendre une importance décisive durant les deux dernières années de la Grande Guerre.

    Le numéro 238 de la revue Icare revient en détail - et avec un dossier richement illustré - sur cet épisode passionnant mais méconnu de la Grande Guerre.

     

    ‡ Icare, La bataille aérienne de Verdun 1916, revue trimestrielle, n° 238, septembre 2016, 212 p., ill. (20 €). Commande possible sur www.revueicare.com

  • Petite histoire de Lorraine, des origines au début du XXe siècle

    L'auteur, professeur et historien a qui l'on doit nombre de manuels scolaires, revisite l'histoire de la Lorraine en la rendant accessible à tous. Ouvrage de vulgarisation, il n'en reste pas moins très précis en déroulant les différentes étapes de la construction des duchés. Un livre qui mériterait d'être offert aux jeunes générations à un moment où l'on se souvient que la Lorraine fut indépendante avant d'intégrer le giron de la France.

     

    ‡ Petite histoire de Lorraine des origines au début du XXe siècle, Georges Morizet, éditions des régionalismes, 2015, 250 p., ill. (19,95 €).

  • Un siècle de faits divers en Meurthe-et-Moselle

    Les faits divers, souvent déconsidérés en tant qu'"inclassables de l'information", n'en reste pas moins le discret révélateur d'une société à un moment donné. Et c'est bien une façon d'être et de vivre qui nous est ici confiée, ainsi que les désirs, les travers et parfois les interrogations des hommes et des femmes de Meurthe-et-Moselle.

    L'auteur a compulsé une masse d'archives et a parcouru la presse de l'époque afin d'offrir au lecteur une grande variété d'occasion de sourire ou de s'émouvoir, d'être complice ou horrifié. C'est plus d'un siècle de vie de cette Lorraine centrale qui est déroulé où l'horreur côtoie l'insolite, le dramatique frôle le cocasse et la gaudriole le dispute au sacrilège. Du fantôme de Neuves-Maisons à l'affaire de la vache de Trondes en passant par l'affaire du trésor du curé de Repaix, sans oublier les apparitions mariales ou la matricide des environs de Lunéville, le curieux découvrira bien des aspects de la vie des meurthe-et-mosellans entre 1900 et 2014.

     

    ‡ Un siècle de faits divers en Meurthe-et-Moselle, Jean-Claude George, éditions De Borée, 2016, 379 p., ill. (21 €).