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bénédictin

  • Comment être chrétien dans un monde qui ne l'est plus

    Voici un essai décisif, peu consensuel, fruit d'une intuition tenace : les chrétiens vont devoir prendre de fermes résolutions, intérieures et pratiques, pour résister aux fléaux de la modernité.

    En effet, comment vivre sa foi dans un monde sécularisé devenu de plus en plus hostile à l'Evangile ? Ceux qui minimisent le phénomène participent à son accélération, affirme Rod Dreher avec lucidité, sans regrets ni résignation.

    Depuis son poste d'observation, ce père de famille américain, chrétien fervent et journaliste renommé, scrute et enquête : quelle sont les racines de la fragmentation de nos sociétés occidentales ? En quoi la sexualité et la technologie déstabilisent l'Eglise ? Pourquoi la liturgie et la prière constituent les clés d'un réveil de la foi ?

    Rod Dreher perçoit l'urgence, non pas d'une nouvelle croisade, mais de la conversion des âmes, pour le bien de tous. Avec Jacques Maritain, il invite à être "l'armée des étoiles jetée dans le ciel".

    C'est vers 2014 qu'il commence à développer l'idée de "la voie de saint Benoît". Le sujet a fait couler beaucoup d'encre dans les milieux chrétiens outre-Atlantique. Pour l'auteur, l'avenir de la chrétienté réside dans la constitution d'ilots de foi autour de monastères bénédictins, à l'image des premières communautés constituées par saint Benoît, après la chute de Rome, à l'origine du développement du christianisme en Occident.

    Un ouvrage à lire absolument pour mieux comprendre les enjeux de l'avenir du christianisme en Occident.

     

    ‡ Comment être chrétien dans un monde qui ne l'est plus. Le pari bénédictin, Rod Dreher, éditions Artège, 2017, 365 p. (20,90 €).

  • Bleurville (88) : Saint Maur, le saint patron oublié

    Chaque 15 janvier, la paroisse de Bleurville fête traditionnellement son second patron : saint Maur. Qui semble bien oublié aujourd’hui… Le président de l’association de sauvegarde de l’ancienne abbaye bénédictine du village, nous en rappelle l’histoire.

    > Rappelez-nous la genèse du culte de saint Maur à Bleurville ?

    Depuis la dédicace de l’abbatiale du monastère bénédictin du village à saint Maur en 1050, ce bénédictin disciple de saint Benoît fut considéré comme le patron principal de la paroisse avant d'être supplanté par saint Pierre, patron de l'église paroissiale à partir du XVe siècle. Saint Maur sera fêté en même temps que les deux martyrs comtois du VIIIe siècle protecteurs du monastère bénédictin, Bathaire et Attalein, chaque 15 janvier jusque dans les années 1990. Le pape Léon IX, en consacrant l'abbatiale, a voulu donné aux bénédictines de Bleurville un saint de l'ordre à vénérer. Il devait être un exemple de spiritualité pour la communauté naissante.

    > Quel fut son développement jusqu’à nos jours ?

    Le culte de saint Maur resta vivace jusqu’à la fin du XXe siècle. Entre la fin du XVIIe et le XVIIIe siècle, les archives nous apprennent que chaque 15 janvier, la messe rassemblait une foule considérable venue des paroisses voisines : les fidèles attribuaient au saint un véritable pouvoir de guérison. Au moment de la fermeture du monastère en 1790, de nombreuses béquilles étaient encore accrochées dans le chœur de l’église, témoignant ainsi de la grande vénération dont bénéficiait notre saint guérisseur en cette fin du XVIIIe siècle. La fête de saint Maur connut encore de grands moments au XIXe siècle avec la création de nouveaux reliquaires, et dans les années 1920-1930 à l’époque de l'abbé Paul Idoux qui redonna tout son lustre à cette fête religieuse en organisant des messes solennelles présidées par l'évêque de Saint-Dié. Lors de la messe dominicale, le prêtre proposait à la vénération des fidèles les reliques des martyrs Bathaire et Attalein – Bleurville n’a jamais possédé de reliques de saint Maur.

    La fête religieuse avait ses prolongements profanes : le repas qui rassemblait la famille au cœur de l’hiver, et, jusqu'à la fin des années 1970, un bal réunissait à la salle des fêtes – puis sous bal monté par la famille Rollin – la jeunesse du village. Et puis, progressivement, les traces de la fête ont disparu : le bal tout d'abord, puis le repas familial et enfin la messe dominicale…

    > Alors, saint Maur aujourd’hui à Bleurville ?

    Si les aspects religieux et profanes ont disparu, il n'empêche que le souvenir de saint Maur demeure vivace dans le village en raison de la présence de l'ancienne abbatiale bénédictine qui lui est consacrée ainsi que la présence de sa statue à l'église paroissiale. Saint Maur demeure officiellement le second patron de la paroisse ; c'est le fruit de l'histoire du village et de la foi des générations qui nous ont précédés. Quoi qu’il en soit, l'association des Amis de Saint-Maur entend entretenir le souvenir de saint Maur en poursuivant l’animation de l'ancienne abbaye. Et peut-être peut-on espérer connaître un jour à nouveau une messe à l’occasion de la Saint Maur… Pour que saint Maur ne soit pas définitivement mort. ♦

  • La nécropole médiévale du Mont Saint-Germain (Moselle)

    mont st germain.jpgEtablie sur un promontoire dominant le village de Châtel-Saint-Germain, en Moselle, la nécropole du Mont Saint-Germain occupe l'extrémité d'un site fortifié du type "éperon barré" attribuable au second âge du Fer, puis réoccupé durant l'Antiquité tardive. Du XIe au XIIIe siècle, les autorités religieuses et laïques cohabitent sur le Mont Saint-Germain, qui connaît alors son apogée. Une église, liée à un prieuré placé sous l'autorité de l'abbaye bénédictine Saint-Vincent de Metz, y est citée en 1026. Dédiée à saint Germain d'Auxerre, elle desservira, comme église mère, les paroisses de Châtel-Saint-Germain et d'Amanvillers.

    La nécropole, intimement liée topographiquement aux bâtiments prieuraux, compte près de 400 sépultures et se caractérise par sa longue durée d'occupation, entre le milieu du VIe siècle et la fin du Moyen Âge. Tous les modes d'inhumation y sont représentés mais son originalité tient à un nombre anormalement élevé en milieu rural d'éléments lapidaires du haut Moyen Âge. Leur iconographie chrétienne est sans doute à mettre en relation avec un édifice cultuel qui a précédé l'église actuelle, dont les vestiges sont attribuables au XIIe siècle.

     

    ‡ La nécropole médiévale du Mont Saint-Germain à Châtel-Saint-Germain (Moselle), Jacques Guillaume et Claude Lefebvre, PUN, 2011, 529 p., ill. et cartes (40 €).

  • Saint Maur, second patron de la paroisse de Bleurville (Vosges) : un saint bien oublié de nos jours

    La paroisse de Bleurville, au diocèse de Saint-Dié, fête traditionnellement en ce 15 janvier son second saint patron (après saint Pierre aux Liens), saint Maur, protecteur de l’ancienne abbatiale bénédictine du village fondée dans la première moitié du XIe siècle.

     

    Mais qui est ce Maur fêté par l’Eglise le 15 janvier ?

     

    maur_sauve_placide.jpg« Maur, romain de naissance, eut pour père Eutychius, de l’ordre des Sénateurs. Encore enfant, il fut offert à Dieu par son père, pour vivre sous la discipline de saint Benoît. Formé à l’école d’un si grand et si habile maître, il atteignit le sublime degré de la perfection monastique avant même les premières années de l’adolescence, en sorte que Benoît lui-même admirait et recommandait ses vertus, ayant coutume de le proposer à l’imitation des autres, comme le modèle de l’observance régulière. Il macérait sa chair par le cilice, par les veilles et par un jeûne continuel, tandis qu’il récréait son esprit par une oraison assidue, par de pieuses larmes et par la lecture des saintes lettres. Durant le Carême, il ne mangeait que deux fois la semaine, et en si petite quantité, qu’il semblait plutôt goûter les mets que s’en nourrir. Il se tenait debout pour prendre son sommeil, et, lorsqu’une trop grande fatigue l’y contraignait, il dormait assis. D’autres fois, il reposait sur un monceau de chaux et de sable que recouvrait un cilice. Le temps de son repos était si court, que toujours il faisait précéder l’Office de la nuit par de longues prières, souvent même par l’entière récitation du psautier.

     

    Il donna l’exemple d’une admirable obéissance, lorsque, par l’ordre du bienheureux Père, courant au lac dans les eaux duquel Placide était en péril, il marcha à pied sec sur les flots ; puis, saisissant l’enfant par les cheveux, il retira saine et sauve des eaux cette victime que Dieu réservait pour le tranchant du glaive. Ce furent ces excellentes vertus qui portèrent le bienheureux Père à l’associer à ses sollicitudes, comme déjà il l’avait associé à ses miracles dès son entrée dans la vie monastique. Elevé au degré sacré du diaconat par le commandement du saint patriarche, il rendit la parole et l’agilité à un enfant muet et boiteux par le simple attouchement de son étole.

     

    st maur 08.09.jpgEnvoyé dans les Gaules par le même saint Benoît, à peine y était-il arrivé, qu’il eut révélation de l’entrée triomphante de son bienheureux Père dans les cieux. Après bien des sollicitudes et de pénibles travaux, il promulgua la Règle que le saint Législateur lui avait donnée écrite de sa main. Il construisit à Glanfeuil, en Anjou, un célèbre monastère qu’il gouverna durant quarante ans ; et la renommée de son nom et de ses actions y brilla d’un tel éclat, que les plus nobles seigneurs de la cour du roi Théodebert volèrent sous ses étendards, pour servir dans une milice plus sainte.

     

    Deux ans avant sa mort, il abdiqua la conduite du monastère, et se retira dans une cellule proche d’un oratoire de Saint-Martin. Là, il s’exerça aux œuvres de la plus rigoureuse pénitence, et descendit dans l’arène pour combattre l’ennemi du genre humain qui menaçait de faire périr ses moines. Dans cette lutte, il eut pour consolateur un ange de lumière, qui lui découvrit les ruses de l’esprit de malice, et aussi la volonté divine, et qui l’invita à conquérir la couronne avec ses disciples. Avant donc envoyé au ciel, comme les avant-coureurs de son triomphe, plus de cent de ces valeureux soldats qu’il devait suivre bientôt lui-même, il se fit porter dans l’oratoire, où, s’étant muni du sacrement de vie, étendu sur le cilice, semblable à une victime présentée à l’autel, il expira d’une mort précieuse, âgé de plus de soixante-dix ans, ayant propagé merveilleusement dans les Gaules la discipline monastique, et étant devenu célèbre par d’innombrables miracles avant et après sa mort. »

     

    Bleurville 09.2007 072.jpgLe saint patron de l’abbaye de Bleurville - et de la paroisse - peut aussi être ce Maur, deuxième évêque de Verdun de 356 à 383. Il fut le premier verdunois à être ordonné prêtre par saint Saintin, premier évêque du diocèse.

     

    Quoi qu’il en soit, l’église paroissiale de Bleurville conserve une statue de saint Maur qui est représenté en évêque portant des habits épiscopaux du XVIe siècle.

     

    Dommage que notre saint patron ne soit désormais plus fêté solennellement par la paroisse. La raréfaction des prêtres, la perte du sens de la tradition, la rupture avec notre héritage chrétien, ont conduit tout doucement à oublier nos saints protecteurs…

     

    [source : http://www.introibo.fr]

  • Dom Calmet revisité par les universitaires lorrains

    Les actes d'un colloque organisé en 2007 à Senones, à l'occasion du 250ème anniversaire de la mort de l'érudit lorrain, viennent d'être publiés.

     

    fabienne henryot et dom calmet.jpgOn le connaît surtout comme l'auteur de la première Histoire de la Lorraine. C'est d'ailleurs les lotharingistes qui ont contribué, au 19ème siècle, à la postérité de l'ouvrage. Mais le bénédictin dom Augustin Calmet est aussi l'auteur d'un traité sur les vampires qui lui a valu beaucoup de reproches.

     

    Voltaire n'aimait pas beaucoup ce bénédictin sur lequel il décocha ses flèches, le traitant de naïf. Dom Calmet ne mérite ni cet excès d'honneur, ni cette indignité. Et c'est tout l'intérêt du colloque organisé à Senones en 2007, à l'occasion du 250ème anniversaire de la mort de l'érudit lorrain, d'avoir replacé le personnage dans une perspective historique.

     

    Les 22 contributions viennent d'être publiées aux Editions Riveneuve, sous la direction de Philippe Martin et Fabienne Henryot. Cette dernière résume le parcours de ce fils de maréchal-ferrant, né à Ménil-la-Horgne (Meuse) en 1672 et mort à Senones, en 1757, où il fut abbé durant 30 ans. « C'est un personnage emblématique de son époque », fait remarquer l'historienne. Il a été formé au collège des bénédictins de Commercy et a intégré l'ordre de Saint-Benoît à l'âge de 24 ans. Ses supérieurs ont immédiatement jugé le brillant esprit, l'impliquant dans les travaux intellectuels de la congrégation et en le faisant participer aux académies monastiques.

     

    Il a d'abord été un exégète de la Bible. Excellent lecteur de l'hébreu et de l'arabe, il est l'auteur d'un « Commentaire littéral sur tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament » qui lui valut une notoriété nationale.

     

    Il séjourne durant dix ans à Paris et revient en Lorraine en 1716. Il est d'abord prieur à Lay-Saint-Christophe, avant d'être nommé abbé de Saint-Léopold à Nancy, puis à Senones, où il prend la tête de l'abbaye en 1729. Dès son retour en Lorraine, Dom Calmet s'attelle à la rédaction de son Histoire des duchés. Il attendra cependant le soutien du duc Léopold avant de se lancer dans ce travail éditorial. Selon Fabienne Henryot, cette histoire a le mérite d'être complète et d'avoir été conçue de manière scientifique et rigoureuse. Toutefois, Dom Calmet a surtout effectué un travail de compilation, mettant bout à bout de nombreux textes puisés ici et là, ce qui rend la lecture de l'ouvrage ardue. En outre, l'auteur, très prudent, a beaucoup pratiqué l'autocensure. Il aura eu le privilège d'avoir été pionnier en la matière.

     

    Auteur fécond, Dom Calmet a rédigé plus d'une soixantaine d'ouvrages historiques et religieux. Il a même écrit un « Traité des eaux de Plombières ». Il fut aussi un excellent gestionnaire de son abbaye. Les actes du colloque permettent de prendre la mesure de cet intellectuel « figure emblématique d'un monachisme qui tenta de s'adapter au monde de la crise de la conscience européenne ».

      

     

    >>  Dom Augustin Calmet. Un itinéraire intellectuel, Fabienne Henryot et Philippe Martin (sous la dir.), éditions Riveneuve, 2008, 430 p., ill. (26 €).

     

    [d’après l’Est Républicain | 11.01.09]

  • Le lorrain Dom Augustin Calmet : un itinéraire intellectuel

    dom calmet.jpg

     

     

    Les universitaires nancéiens Philippe Martin et Fabienne Henryot publient les actes du colloque organisé en octobre 2007 à Senones et Nancy à l’occasion de la commémoration du 250ème anniversaire de la mort du célèbre savant bénédictin lorrain, Dom Augustin Calmet.

     

    Dom Augustin Calmet, religieux bénédictin né et mort en Lorraine, exégète et historien, est un homme de « la crise de la conscience européenne ». Il en a épousé et les polémiques, et les modes de travail qui renouvellent alors le monde savant. Il est à Paris au moment de la querelle née de la bulle Unigenitus ; à Nancy lorsque, s’essayant à l’histoire avec la plus grande rigueur, il s’attire les foudres du pouvoir ducal, qui fonde sur l’histoire officielle sa légitimité. Il est, plus de cinquante années durant, le centre d’un réseau de correspondants qui, des quatre coins de l’Europe et par-delà les frontières, tentent d’animer une version bénédictine de la République des Lettres. Il pose enfin, au cœur de son abbaye vosgienne de Senones, de vraies questions sur les fondements et les manifestations de l’autorité abbatiale, et du gouvernement de sa congrégation.

     

    Il est pour l’historien un observateur de son temps et son « itinéraire intellectuel » invite à considérer les renouvellements des méthodes de la critique biblique, et l’existence d’un monde d’érudits soucieux de positionner, au temps de la sécularisation des savoirs, le monde monastique dans l’élite du temps.

     

    Dom Augustin Calmet (1672-1757). Un itinéraire intellectuel, Philippe Martin et Fabienne Henryot (sous la dir.), Riveneuve éditions, 2008, 428 p., ill. (26 €)