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réforme

  • Les danseurs fous de Strasbourg

    Le 14 juillet 1518, la femme Troffea sortit dans les rue de Strasbourg et dansa des jours durant sans s'arrêter, entraînant avec elle une foule frénétique de plusieurs centaines de personnes. Insensibles à la fatigue et à la douleur, les pieds ensanglantés et les visages extatiques, les danseurs moururent par dizaines.

    L'historien de la médecine John Waller raconte et décrypte cet étrange phénomène de transe spontanée que le médecin humaniste Paracelse avait observé en son temps et que Bosch, Dürer et Bruegel fixèrent dans des visions cauchemardesques. Terrassés par la misère, égarés par leurs croyances surnaturelles, les danseurs fous alsaciens exprimaient un désespoir qui connut, quelques années plus tard, une forme politique avec les grandes révoltes paysannes de 1525 - écrasées d'ailleurs par le duc de Lorraine Antoine -, et religieuse avec la Réforme protestante.

     

    ‡ Les danseurs fous de Strasbourg. Une épidémie de transe collective en 1518, John Waller, éditons La Nuée Bleue - Tchou, 2016, 221 p., ill. (18 €).

  • Un prélat français de la Renaissance : le cardinal de Lorraine entre Reims et l'Europe

    Prélat d’Etat, ayant joué un rôle central dans la vie politique, diplomatique, religieuse et culturelle du XVIe siècle en France et en Europe, Charles de Guise, cardinal de Lorraine, a été pendant longtemps l’un des personnages les plus maltraités par l’historiographie.

    Hors de toute intention apologétique, une révision s’imposait, permise par quelques travaux fondateurs, principalement d’origine anglo-saxonne, afin de comprendre la complexité d’un personnage à bien des égards énigmatique, ainsi que son évolution voire ses revirements.

    Le présent volume réunit vingt-cinq contributions de chercheurs français et étrangers, attentifs à éclairer la personnalité et l’action du cardinal de Lorraine par de nouveaux documents et une plus juste périodisation. Leur objectif a été de mieux estimer le rôle du cardinal de Lorraine dans les débats religieux et la réforme de l’Eglise et de mettre en évidence les permanences et les évolutions de ses conceptions, ainsi que de comprendre son action politique et diplomatique sur le théâtre européen comme à la cour de France, dans le cadre d’une monarchie en pleine évolution et d’un Etat en faillite, et enfin de révéler les formes et la richesse d’une commande artistique et littéraire originale et novatrice.

    L’ouvrage est attentif à la diversité des terrains d’action : ville et archevêché de Reims, Champagne et Lorraine, pays européens, liens privilégiés avec l’Italie.

    Une belle et intelligente réhabilitation de Charles de Guise.

     

    ‡ Un prélat français de la Renaissance. Le cardinal de Lorraine entre Reims et l'Europe, Jean Balsamo, Thomas Nicklas et Bruno Restif (dir.), Droz éditeur, 2015, 466 p., ill. (49,50 €).

  • La phalange du saint

    1516. La phalange du saint patron de la Lorraine est dérobée dans la "grande église" de Saint-Nicolas-de-Port,  haut lieu de pèlerinage de l'Europe du Nord. Par ce larcin, Guillaume - un paysan adepte de la nouvelle religion réformée - espère faire  vaciller à la fois l'Eglise de Rome et le duché de Lorraine. A sa mort, son fils, compagnon vitrier, et plus tard, son petit-fils, drapier, défendent à leur tour les thèses de Luther en s'appuyant sur ce sacrilège...

    Victime de la disparition de la sainte relique, le duc de Lorraine Antoine le Bon doit la retrouver afin de prouver sa capacité à protéger les biens de l'Eglise et à contenir la propagation de la Réforme. Il doit aussi défendre son indépendance bien fragile. L'espace lorrain - duché de Lorraine et cité de Metz - est alors convoité par ses deux puissants voisins, le royaume des Valois et l'empire de Charles Quint. Le duc Antoine charge un homme de confiance, Matthieu de Pontoy, puis son fils Henri, de réparer l'outrage.

    Sur fond de guerre religieuse, de révolte paysanne - la guerre des Rustauds - et de rivalité entre royaume de France et Saint-Empire, cette épopée lorraine ne connaîtra son épilogue qu'en 1566, sous le duc Charles III... et le patronage de saint Nicolas !

    Un roman historique lorrain haletant qui revisite ce demi-siècle marqué par les conflits politico-religieux mais aussi par des héros en quête du bonheur, de la paix et de la justice.

     

    ‡ La phalange du saint, Gérard Saleron, éditions des Paraiges, 2015, 259 p. (20 €).

  • Etre pasteur au XVIIe siècle : le ministère de Paul Ferry à Metz

    ferry.jpgLes conditions d'exercice du ministère pastoral dans la France réformée du régime de l'édit de Nantes (1598-1685) sont encore mal connues. L'étude de l'univers social et culturel de Paul Ferry (1591-1669), pasteur à Metz de 1612 à sa mort, permet d'analyser des formes et des modèles de la carrière pastorale.

    Le ministre, type de clerc radicalement différent du prêtre catholique, doit toujours assurer les fidèles de leur salut dans leur foi, surtout par la prédication, mais aussi par l'administration des sacrements et par l'acculturation, en tentant d'imposer la morale et la discipline réformées. Même la vie "privée" du pasteur est une modalité d'édification de son troupeau, en donnant l'exemple d'une bonne vie chrétienne. Il agit également en défenseur de sa communauté, en se muant en guide politique et en porte-parole de son Eglise, notamment face à la controverse catholique et aux pouvoirs, mais aussi en historien, écrivain ou directeur de collège.

    Par toutes ces diverses fonctions assumées au nom de son ministère, Ferry constitue un modèle, parfois contesté, de pasteur sous le régime de l'édit de Nantes.

    L'auteur, Julien Léonard, est docteur en histoire moderne de l'université Jean Moulin - Lyon 3 et maître de conférences en histoire moderne à l'université de Lorraine. Cet ouvrage est le résultat de ses recherches doctorales.

     

    ‡ Etre pasteur au XVIIe siècle. Le ministère de Paul Ferry à Metz (1612-1669), Julien Léonard, Presses universitaires de Rennes, 2015, 346 p., ill. (20 €).

  • Les Jeudis de la Renaissance : "Croire au XVIe siècle", conférence de Philippe Martin

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  • Nicolas Psaume, un évêque de Verdun pionnier de la Réforme catholique au XVIe siècle

    lotharingia 17.jpgLa revue annuelle de la Société Thierry Alix, Lotharingia, présente dans son numéro 17 une étude du Père Bernard Ardura, président du Comité pontifical des Sciences historiques, consacré à Nicolas Psaume, un Prémontré devenu évêque de Verdun au siècle du concile de Trente.

    En quatorze chapitres, le Père Ardura présente la vie et l'oeuvre immense de cet évêque lorrain pionnier de la Réforme catholique au XVIe siècle. Cette étude historique fouillée et largement documentée aborde la vie familiale et la vocation de l'abbé réformateur, son rôle dans l'ordre de Prémontré et dans le diocèse de Verdun, son action lors du concile de Trente, la réforme de l'Eglise de Verdun, sa position lors des guerres de religion vis à vis des Réformés. Son rôle de pasteur d'âmes est particulièrement analysé.

    Le catalogue de l'oeuvre imprimée de Nicolas Psaume ainsi qu'une bibliographie sur l'évêque de Verdun complètent utilement cette remarquable livraison de Lotharingia.

     

    ‡ Nicolas Psaume pionnier de la Réforme catholique, Bernard Ardura, Lotharingia n° XVII, 2010, Société Thierry Alix, Nancy, 174 p., ill. (38 €).

    >> A commander à : Société Thierry Alix, Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, 1 rue de la Monnaie, 54000 Nancy.

  • La guerre des Paysans

    guerre des paysans.jpgAu printemps 1525, en Alsace comme dans une grande partie du Saint-Empire romain germanique, les paysans prennent les armes au nom de l'Evangile pour promouvoir un monde fraternel, sans seigneurs ni maîtres. Leur emblème est le Bundschuh, le soulier à lacet des gens du peuple. Ils pillent les maisons religieuses, menacent les châteaux, rallient à leur cause l'immense majorité des villages et un grand nombre de villes. Mais leurs premiers succès se terminent rapidement dans un immense bain de sang. Le duc de Lorraine Antoine mènera une véritable guerre contre les Rustauds alsaciens dans les Vosges au printemps 1525.

    La guerre des Paysans fut cependant une vraie révolution. L'historien médiéviste Georges Bischoff raconte, avec une érudition qui n'exclut pas la verve et la truculence, les premières années du bouillonnant XVIe siècle dans le sud de l'espace rhénan et dans les régions limitrophes, Lorraine et Franche-Comté, championnes du Catholicisme, alors que l'humanisme ébranlait de vieilles certitudes et que la Réforme s'éveillait.

     

    >> La guerre des Paysans. L'Alsace et la révolution du Bundschuh 1493-1525, Georges Bischoff, La Nuée Bleue éditions, 2010, 496 p., ill. (25 €).

  • La réforme grégorienne : ce qu'elle doit à Léon IX, ancien évêque de Toul

    réforme grégorienne.jpgAu XIe siècle, sur fond de lutte acharnée entre le Pape et l'Empereur, l'Occident connaît une révolution qui bouleversera à jamais son visage : c'est la réforme grégorienne, inspirée du nom du pape Grégoire VII, avec des effets qui durent encore aujourd'hui.

    Mais, ce que l'on sait moins, c'est que cette réforme de l'Eglise et des relations avec l'Empire, a été initiée par le pape Léon IX, Brunon de Dabo, ancien évêque de Toul, entouré de ses collaborateurs lorrains : Frédéric d'Ardenne (futur pape Etienne IX), Adalbéron de Metz, Hugues de Salins, Werri, abbé de Saint-Evre de Toul, Sigefroid, abbé de Gorze.

    Les réformateurs du XIe siècle veulent corriger les moeurs, rrestaurer la discipline monastique et, de manière générale, séparer nettement dans la société les clercs et les laïcs. Ils conduisent à la "Querelle des investitures" (droit de nomination des évêques revendiqué par le pouvoir temporel), marquée par des affrontements violents.

    En voulant trancher la question de l'équilibre des pouvoirs entre deux puissances - l'Empire et la Papauté -, la réforme grégorienne désacralise le pouvoir politique et conduit à un profond renouvellement des élites d'Eglise. Paradoxalement, en séparant le temporel du spirituel, elle participe à l'émergence d'un pouvoir laïc à la tête des sociétés médiévales. Marquant à jamais la Chrétienté latine, l'oeuvre des papes Léon IX, Grégoire VII et Urbain II constitue l'une des matrices du développement politique, religieux et culturel européen.

    Sylvain Gouguenheim rend accessible et lumineux ce lointain passé qui façonne encore aujourd'hui notre présent.

     

    >> La réforme grégorienne. De la lutte pour le sacré à la sécularisation du monde, Sylvain Gouguenheim, éditions Temps Présent, coll. Racines & Ruptures, 2010, 257 p. (18 €).

  • Des milliers de pèlerins à Faverney (Haute-Saône)

    Des milliers de pèlerins ont célébré les 24 et 25 mai 2008 les 400 ans du miracle de l'Hostie miraculeuse à Faverney

    Ils étaient des milliers à Faverney à célébrer le 400ème anniversaire du Miracle eucharistique de 1608. Personnalités religieuses comme le nonce apostolique Mgr Fortunato Baldelli qui a célébré la messe d'ouverture samedi soir à la basilique, le Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, Mgr Lacrampe, archevêque de Besançon... Mais ce sont aussi les élus du Doubs et de Haute-Saône - maires, députés, président du Conseil général - et les représentants de l'Etat qui sont venus assister dimanche matin, à la sainte messe en la basilique de Faverney.

     

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    Durant la nuit - car c'est bien la nuit du 25 au 26 mai 1608 que le miracle a eu lieu -, les fidèles ont participé à une veillée d'adoration durant laquelle ont été lu des textes bibliques, chanté des chants liturgiques en l'honneur du culte eucharistique. Jusqu'à 8 h 00 du matin, tous se sont relayés d'heure en heure, selon la tradition. 

    À Faverney, en 1608, le Saint-Sacrement contenant les hosties miraculeuses a échappé à un incendie. « Un signe supplémentaire de l'existence de Dieu », selon Mgr Baldelli. Alors, pour les milliers de pèlerins de ce week-end, ce miracle a à nouveau eu lieu. « Il s'est forcément passé quelque chose ce jour-là », lance Claude, venu avec son épouse Odile, à pied, depuis Fleurey-lès-Faverney. Tout simplement, pour venir célébrer l'anniversaire historique qui leur rappelle leur jeunesse : « Nous venions ici tous les ans à la Pentecôte ! ».

    Il y a aussi ceux qui vivent leur jeunesse durant la célébration anniversaire. C'est le cas de Thomas, 20 ans, venu de Chenaudin, près de Besançon, avec un groupe de jeunes copains. « L'Eglise est vivante seulement si elle se rassemble », affirme-t-il. Et tous ont assisté au Saint Sacrifice avec un sentiment de réelle communion.

    Bref, les pèlerins du 400ème anniversaire du Miracle de Faverney ont vécu un véritable temps de partage autour de l'Eucharistie : « Ça nous prépare à la Journée mondiale de la jeunesse, le 7 juillet prochain », précise Thomas, visiblement pressé de participer à ce grand moment. « Vous vous rendez compte, cette journée rassemble plus de monde que les Jeux Olympiques ! ».

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    Rappelons que l'abbaye de Faverney a un lien historique avec le monastère de Bleurville puisque les reliques des martyrs Bathaire et Attalein conservées à Faverney seront transportées au cours du Xème siècle à Bleurville ; elles sont à l'origine de la fondation de l'abbaye bénédictine Saint-Maur du village au début du XIème siècle. Les religieux de Bleurville iront vénérer régulièrement la dalmatique du diacre Attalein conservée jusqu'à la Révolution chez les bénédictins de Faverney.

    [d'après L'Est Républicain, 26/05/2008]

    Toutes les images de la célébration du 4ème centenaire du Miracle de Faverney sur http://catholique-besancon.cef.fr/foi/Miracle-de-Faverney/diaporama-du-25-mai-2008