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  • Le 97ème anniversaire de la naissance de la Tchécoslovaquie commémoré à Darney

    Le 97ème anniversaire de la déclaration d’indépendance de la Tchécoslovaquie a été fêté le 27 juin à Darney. Manifestation ternie par la présence d'un secrétaire d'Etat français, hautement absent sur le plan européen et représentant un gouvernement d'incapables rarement observé depuis le début de la Ve République...

    Ce n’est pas tous les jours que l’on reçoit un Premier ministre à Darney ! Pas étonnant donc que le maire de Darney, Yves Desvernes, ait été quelque peu ému lorsque Bohuslav Sobotka, Premier ministre de la République tchèque et  le secrétaire d’Etat aux affaires européennes français ont franchi la porte de la maison communale. D’autant que les deux ambassadeurs, Tchèque et Slovaque, en France ainsi que le vice-ministre de la défense tchèque, mais aussi le préfet des Vosges, Jean-Pierre Cazenave-Lacrouts, les sous-préfets et quelques élus du canton faisaient également partie des invités.

    La journée fut chargée, mais elle fut également riche en émotions. Parce qu’à Darney les cérémonies anniversaires de la déclaration d’indépendance de la Tchécoslovaquie ne sont comparables à aucune autre. Sans refaire l’histoire, il s’avère que c’est sur les hauts de la localité, à la sortie de Darney en direction de Bleurville, là où le monument semble veiller sur les populations, que l’indépendance a été scellée. Aussi chaque année les délégations se retrouvent à une bonne centaine pour commémorer en quelque sorte la naissance de la Tchécoslovaquie en 1918.

    André Poirot qui a merveilleusement installé ce devoir de mémoire sur les rails en 1987, était là au milieu de la foule des officiels et des anonymes. Jean-Marie Dichy, qui lui a succédé, il y a quatre ans, à la tête du comité de jumelage Darney-Slavkov (ex-Austerlitz), aussi. Au four et au moulin, comme tant d’autres, pour que rien ne cloche même si les services concernés de la République Tchèque avaient tout pris à leur compte. C’est comme ça depuis le début. Une fois les Tchèques, une fois les Slovaques. Toujours avec la même efficacité et la même envie de venir dans ce coin des Vosges où un certain 30 juin 1918 a changé beaucoup de choses dans le quotidien de la Tchécoslovaquie. Bohuslav Sobotka, le premier ministre tchèque ne manqua pas de le rappeler : « Darney revêt une importance cruciale pour l’Etat tchécoslovaque. Nous apprécions beaucoup ce que les gens d’ici font pour entretenir cette image. »

    Dans le sillage du premier ministre français, Harlem Désir, dont la venue dans le département n’a été officiellement annoncée que la veille - par crainte de manifestations hostiles à sa présence et à la politique du gouvernement -,  rappela que « C’est ici, sur ce plateau, que les soldats ont reçu l’étendard de l’indépendance. Qui signifiait la saisissante résurrection d’un pays asservi. Darney devenait un symbole. Il existe un lien indéfectible entre la France, la république tchèque et la Slovaquie. »

    Des propos qui encouragèrent celles et ceux qui, chaque année, se plient en quatre pour perpétuer ce fameux devoir de mémoire que les plus anciens veulent à tout prix transmettre aux jeunes générations. Comme c'est le cas à Darney à chaque fin de mois de juin.

    Rappelons que le démantèlement de l'empire austro-hongrois - dont sont issus la République tchèque et la Slovaquie - voulu par les puissances occidentales soumises à l'influence des francs-maçons Masaryk et Benes, fut à l'origine de bien des conflits en Europe centrale et dans les Balkans.

    Pour nous Lorrains, ce jour est marqué par le souvenir de notre duc François II qui fut à l'origine - par son mariage en 1736 avec Marie-Thérèse de Habsbourg - de la dynastie des Habsbourg-Lorraine qui régna sur l'empire austro-hongrois jusqu'en 1918 avec l'empereur Charles Ier de Habsbourg-Lorraine.

  • Requiem pour un empire défunt

    autriche.jpgDans un style éblouissant, François Fejtö raconte et dissèque les causes de la disparition des empires centraux, l'Autriche-Hongrie, en 1918 ; disparition qui a entraîné l'Europe centrale dans la longue nuit des totalitarismes national-socialiste et communiste. Pour ce faire, le grand historien dresse une histoire à rebours des idées reçues de la double monarchie jusqu'en 1914 avant de s'attacher aux causes directes de la Première Guerre mondiale et au déroulement du conflit jusqu'à son terme. Conglomérat de peuples disparates, l'Empire austro-hongrois avait su bâtir un modèle original et fédérateur, garant de l'équilibre européen à l'image de son empereur emblématique, François-Joseph, dont la figure tutélaire fut loué par des écrivains comme Joseph Roth ou Stefan Zweig.

    Sa désagrégation résulte de la volonté déterminée des Alliés - en particulier de l'anticlérical Clemenceau -, sous l'influence néfaste des exilés laïcs et francs-maçons Masaryk et benès. Elle ouvra la boîte de Pandore des rivalités nationalistes au coeur des nouveaux états (Tchécoslovaquie et Yougoslavie notamment) édifiés par les vainqueurs sans tenir compte des aspirations des peuples qui étaient, dans leur grande majorité, favorable au maintien de la monarchie habsbourgeoise. A l'empire pacifique et arbitre succédaient des pays factices, minés par la question des nationalités que Wilson et Clemenceau avaient prétendu résoudre en mettant à bas l'Empire séculaire des Habsbourg-Lorraine.

    "Livre d'érudit, mais aussi essai combatif, puisque à l'encontre de la thèse la plus courante, François Fejtö récuse le terme de désagrégation, qui implique que l'empire est mort de maladie, et lui préfère le mot de destruction, qui implique que l'empire a été assassiné.", insiste le philosophe Alain Finkielkraut dans son exergue.

     

    ‡ Requiem pour un empire défunt, François Fejtö, éditions Perrin, coll. Tempus, 2014, 638 p. (11 €).

  • Darney (Vosges) : drôle d'histoire pour drôle de guerre

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    [Vosges Matin]