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pierre pelot

  • Debout dans le tonnerre

    1778, sur les bords du Mississippi. Au cœur des années troubles de la guerre d’indépendance des États-Unis, la rousse Emmeline retrouve le journal de sa grand-mère, née sur les terres du duc de Lorraine. Elle y découvre la terrible histoire de Magnolias, la plantation de cannes à sucre où elle a grandi.

    Fille farouche, au sang bouillonnant de son ancêtre, la chevrière lorraine, Emmeline se lance alors dans une quête de mémoire sur ses origines, celles de Monsieur Forestier, son tuteur, et de la Grande Maison dans les entours du delta et des bayous.

    C’est aussi le récit de la soif de vivre de cette adolescente flamboyante, de son amour ardent pour Vicente Ruz de la Torre, jusqu’au tonnerre final dans la foudre et les flammes, s’abattant sur ce coin de Louisiane dont Dieu a détourné les yeux.

    Porté par une langue ciselée, foisonnante et métissée, le Vosgien Pierre Pelot nous entraîne dans une épopée envoûtante où la vengeance ne cessera de changer de camp et où les secrets ne restent jamais longtemps ensevelis.

     

    ‡ Debout dans le tonnerre, Pierre Pelot, éditions Héloïse d'Ormesson, 2017, 556 p. (24 €).

  • C'est ainsi que les hommes vivent

    Les Presses de la Cité rééditent la fresque historique monumentale du vosgien Pierre Pelot, saga qui se déroule sur deux époques au cœur des Vosges. C'est "le" chef-d'œuvre de Pierre Pelot.
     
    1999. Lazare Grosdemange, écrivain, revient dans son village natal vosgien. Il cherche à retrouver des fragments de sa mémoire, perdue à la suite d'un étrange accident. Dans ce même village, au XVIIe siècle, lors de la dramatique guerre de Trente Ans, Dolat apprend le secret de ses origines : il est le fils d'une paysanne brûlée vive pour sorcellerie. Amoureux fou, pour son plus grand malheur, de la noble dame Apolline, chanoinesse de chapitre noble Saint-Pierre de Remiremont, le jeune homme doit fuir avec elle et sombre bientôt dans l'enfer de la guerre.
     
    Comment, défiant quatre siècles d'histoire, les chemins de Lazare Grosdemange, l'écrivain, et de Dolat, le « fils du diable », se retrouveront-ils ?... Histoire d'une résurrection (le Lazare des Evangiles) et d'une histoire personnelle (Grosdemange étant le patronyme officiel de Pelot).
     
     
    ‡ C'est ainsi que les hommes vivent, Pierre Pelot, Presses de la Cité, 2016, 1237 p. (21 €).

  • Pierre Pelot, l'écrivain raconteur d'histoires

    Le long cheminement multigenre de l'écrivain vosgien Pierre Pelot au cour de cinquante années d'écriture rend difficile une juste appréciation de son œuvre et de l'originalité d'un parcours d'écrivain exemplaire.

    Voyageur immobile dans ses Hautes-Vosges natales où il vit toujours, après des essais de bandes dessinées, il écrit des westerns inspirés par sa connaissance de la conquête de l'Ouest américain et crée le personnage de Dylan Stark, héros d'une série originale. Puis il aborde à la fois le fantastique, le roman policier et surtout la science-fiction.

    Soucieux de ne vivre que de sa plume et élargissant son champ d'action, il livre, en plus de nombreuses nouvelles, des romans sociaux et contemporains souvent situés dans ses Vosges ou en Lorraine, adaptés parfois à la télévision.

    Primé par ses pairs en 1977 et 1978 pour des récits de science-fiction comme Transit et Delirium Circus, en phase avec l'esprit contestataire de l'époque, il ne tarde pas à s'ouvrir aux cycles et séries du genre, puis au roman noir, souvent sombre.

    Le raconteur d'histoire entre dans la littérature générale dès les années 1980 en touchant un nouveau public. Des rencontres l'encouragent à écrire pour le théâtre et le cinéma qui adapte L'été en pente douce, et à entreprendre plusieurs novélisations comme Le Pacte des loups.

    Hardiment, il entreprend avec Yves Coppens la saga de "paléofiction", Sous le vent du monde. Après son monumental chef-d'oeuvre, C'est ainsi que les homme vivent, il est reconnu comme un écrivain de littérature générale.

    Cet essai vise à donner de Pierre Pelot, auteur de près de 200 romans, une vision ample et équitable, éloignée des stéréotypes.

     

    ‡ Pierre Pelot. L'écrivain raconteur d'histoires, Raymond Perrin, éditions L'Harmattan, 2016, 392 p., ill. (39 €).

  • La ville où les morts dansent toute leur vie

    pierre pelot,vosges,romanA l'Est règne la dévastation, la terre n'est plus que tumulte. Arrachée à ses racines par ce désastre, une jeune schizophrène est confiée à Grange, un dessinateur solitaire qui pourrait bien être son père. Mais l'homme refuse d'assumer cette enfant dont le corps de femme et l'originalité le troublent. Il décide alors de tout braver, quitte à tout perdre, pour la rendre à son pays imaginaire.

    La ville où les morts dansent toute la vie est un road book onirique et obsédant. Pierre Pelot, notre prolifique écrivain vosgien, y entremêle ses passions pour le fantastique et le "western", le roman noir et d'amour. Il nous offre un personnage inoubliable, Léonore, résolue malgré tous les obstacles à retrouver une terre connue d'elle seule, où elle peut enfin se sentir vivre.

    Comme l'écrit le critique littéraire de L'Express, "Il y a chez Pelot un côté Pagnol des provinces de l'Est capable de nous faire entendre la respiration de la forêt, la fraîcheur de l'onde, la présence des animaux, et la façon souvent douloureuse qu'ont les hommes de s'accorder au monde." Notre Vosgien a vraiment du génie.

    Un bon roman à lire cet été. Dans les Vosges ou ailleurs...

     

    ‡ La ville où les morts dansent toute leur vie, Pierre Pelot, éditions Fayard, 2013, 372 p. (20,90 €).

  • Maria, le dernier roman vosgien de Pierre Pelot

    maria.jpgLes Vosges sous l'occupation allemande. Maria est institutrice. D'une beauté saisissante, elle coule des jours insouciants avec son mari, Jean, patron du café du coin. Lorsque les maquisards viennent la chercher à l'école devant ses élèves, ils promettent de la ramener bientôt... Commence alors le calvaire de Maria. Un calvaire qui durera toute une vie. Car, voilà, Jean est un traître, un "collabo", et beaucoup sont morts par sa faute. Pour l'avoir aimé, Maria sera battue, torturée puis violée, avec à jamais gravé en elle la disgrâce et la cruauté de ceux que la France élèvera bientôt au rang de héros. Elle n'en parlera à personne.

    Cinquante ans plus tard, un jeune homme arrive dans cette vallée vosgienne par une nuit neigeuse. Il vient rendre visite à l'une des pensionnaires de la maison de retraite. La voix fatiguée d'une conteuse sur les ondes d'une radio locale l'accompagne dans son périple nocturne. Pour ses auditeurs, elle évoque l'histoire de ces terres où gèlent les eaux de la Moselle. Les fantômes du passé planent sur son récit.

    Avec Maria, Pierre Pelot revient à sa géographie intime, à son pays vosgien, à Saint-Maurice-sur-Moselle. Avec cette langue percutante et sensible qu'on lui connaît, et la mémoire d'une région aussi écorchée que son personnage. Alors que la neige fond et devient boueuse, visages des résistants et de l'occupant nazi se confondent. Un roman entre drame intimiste et thriller historique.

    Parce que la barbarie n'est pas le monopole du camp ennemi.

     

    >> Maria, Pierre Pelot, éditions Héloïse d'Ormesson, 2011, 128 p. (14 €).

  • La montagne des boeufs sauvages

    pelot.jpgDepuis Un été en pente douce jusqu'à C'est ainsi que les hommes vivent, les Vosges hantent toute l'oeuvre de Pierre Pelot, l'irriguent et lui donnent forme. "Un pays que j'aime en suffisance pour ne l'avoir jamais quitté, qu'il m'est arrivé de detester au détour de quelque saute d'humeur, de plaindre, de maudire, de presque mépriser, certaines fois. Au creux duquel je me sent bien souvent au chaud, même en hiver par une nuit de -30°. En bonnes compagnies, animales ou humaines" écrit le romancier vosgien.

    Pierre Pelot est né dans les Vosges et vit depuis toujours dans son village natal de Saint-Maurice-sur-Moselle. Son pays, c'est son inspiration, la trame des ses nombreux livres. Pelot est aux Vosges ce que Giono est à la Provence. Il était donc temps qu'il nous raconte ce lien fort avec sa région. Son pays, c'est un pays de vent, de pierres, de rivières et d'arbres ; un pays secret, un pays hanté d'âmes obscures... Ses Vosges sont tissées de mille fils de la mémoire, brussant de mille récits, tragiques et légers à la fois où l'enfance se mêle à l'Histoire, où les chants d'amour se fondent dans la nature. Jamais Pelot ne s'était livré ainsi, à travers ce pays tout à la fois réel et rêvé. C'est "son" pays. Et aussi le nôtre. Alors, partez sur les chemins de La montagne des boeufs sauvages !

    >> La montagne des boeufs sauvages, Pierre Pelot, éditions Hoëbeke, 2010, 284 p. (19 €).

  • Le dernier roman du vosgien Pierre Pelot : « L’Ange étrange et Marie-McDo »

    l'ange étrange et marie-mcdo.jpgIls ne sont pas légion, et la sensation qu’ils procurent est somme toute assez rare. Le dernier Pelot est de ces bouquins-là. Vous y entrez en vous essuyant les pieds, parce que vous êtes bien élevé. Vous vous y baladez, vaguement désorienté d’abord, dans des allées bizarres, des paysages humides, des pages baroques, farcies jusqu’à la gueule de silhouettes bancales, du gentil benêt au carrément halluciné, Et au moment précis où la question vous taraude de savoir ce que vous faîtes là, où veut vous emmener le vieux pirate qui a commis la chose, le piège se referme. Vous voilà bouclé sur votre siège, une drôle de salive dans la bouche, embarqué pour un final tout en sueur et en étincelles. Un manège de dingues dont vous descendez désarticulé, les jambes et les neurones en coton. Pierre Pelot excelle dans ce genre d’exercice, L’Ange étrange et Marie-Mc Do, sa dernière bluette en date, en est un parfait exemple.

     

    Le coin d’abord. «  Un paysage taillé dans le gris et les couleurs froides, au couteau et à grands coups de brosse d’estompe, un ciel effondré jusqu’à mi-pente des montagnes sombres. » L’Office du Tourisme local doit bicher.

     

    pierre pelot.jpgViennent ensuite les protagonistes. De drôles de gaillards et d’aimables gueuses. Manuel Emmanuel et sa cohorte de sectaires allumés d’abord, puis les membres de la famille Gravier, bel exemple de fin de race patronale, rayon textile. Monsieur est défunt, reste (dans le désordre) Maman Marie-Jo, chancelante sur ses «  chevilles violacées et cylindriques, cernées de bourrelets », notre héroïne Marie, dite MacDo, qui a longtemps fait du bonheur aux hommes dans les bosquets du coin, et du coup se retrouve promue au rang de réincarnation de sainte Marie-Madeleine – d’où le zèle de ses adorateurs déjà cités. Et surtout Babar, l’aîné obèse et surdoué, qui bricole Madame Wells dans la chapelle du château. Entendez qu’il s’escrime à mettre au point, à partir d’une dameuse mécanique, une machine à remonter le temps, avec «  carapace couverte de mille dards, pointes et protubérances de toutes sortes ». Ce dans un foutoir mécanique indescriptible, sinon par l’auteur.

     

    Ajoutez à tout cela un ange étrange bien sûr, mais aussi des rumeurs, des remords, des haines et de terribles secrets d’enfance. Des friches noires, des flots de vengeance rouge sang. Pelot puise dans ses Vosges natales des histoires sauvages, des contes de la folie extraordinaire. Il y met toute la science d’une écriture arrivée à pleine maturité, aussi efficace dans les ralentis cinématographiques que dans les moments effrénés. Le lecteur, pour le coup téméraire, sort de là pantelant, méchamment secoué.

     

    Michel GENSON

    [Le Républicain lorrain | 07.02.10]

     

     

    >> L’Ange étrange et Marie-McDo, Pierre Pelot, éditions Fayard, 334 p. (19,90)