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siderurgie

  • Le fer en Lorraine

    Depuis la fin du XIXe et durant tout le XXe siècle, grâce à la découverte de la déphosphorisation par Thomas et Gilchrist, les industriels se sont intéressés au minerai de fer lorrain, "la minette". De nombreuses exploitations minières virent alors le jour. Des usines sidérurgiques furent construites en territoire mosellan annexé, tout comme en Meurthe-et-Moselle. Dans les années 1960, on parlait de « Texas lorrain »...

    Peu à peu, les villages devinrent des villes, afin de loger le personnel. Des cités virent le jour, des hôpitaux furent construits. Les gens allaient s'approvisionner dans les économats et se soigner dans les dispensaires. Les enfants du personnel allaient dans les écoles des entreprises… Aujourd'hui, ces mines sont fermées. Bon nombre d'usines ne sont plus qu'un vague souvenir et ont laissé place à des zones industrielles, des centres de loisirs ou encore des lotissements.

    Après trois années d'apprentissage en tant qu'électromécanicien, Jean-Claude Berrar travaille dans le milieu sidérurgique depuis 1971. Il nous fait découvrir, à travers plus de 200 documents - essentiellement des cartes postales anciennes -, l'histoire de cette grande famille que formaient les hommes du fer.

     

    ‡ Le fer en Lorraine, Jean-Claude Berrar, éditions Sutton, 2016, 128 p., ill. (20,20 €).

  • Disparition du RP Serge Bonnet, dominicain, historien du monde ouvrier lorrain et sociologue

    Il était un homme de foi et un grand intellectuel. Le RP Serge Bonnet fut aussi un écrivain, il a fondé avec Daniel Mengotti et François Guillaume le Village du Livre de Fontenoy-la-Joûte et est à l’origine de la création des Éditions Serpenoise, la société d’édition du Républicain Lorrain. Le Père Serge Bonnet, une des figures marquantes de la Lorraine industrielle et ouvrière, celle des usines et des mines du Pays Haut et de Moselle, celle du monde rural des années soixante à 1990, s’est éteint vendredi à l’âge de 91 ans. Serge Bonnet était né en 1924 dans une modeste famille d’agriculteurs de la Marne.

    Personnage riche et chaleureux, aimant les humbles, animé par une foi rayonnante, avec une stature imposante et une voix qui savait être forte ou douce. Il était d’abord un religieux, bien que rien à l’origine n’eût prédestiné le gamin, qui n’aimait pas l’école et était réfractaire au catéchisme, à emprunter les chemins de la religion.

    Vêtu de l'habit blanc des Dominicains, il était « un frère prêcheur ». Dans son couvent de Nancy, dans sa paroisse, lors de cérémonies familiales ou amicales, « il était toujours là pour baptiser, marier, enterrer », disait de lui son ami l’écrivain Daniel Rondeau. « Le catholicisme de Serge Bonnet fonde sa vie. Il est sa vie même. C’est un pèlerin magnifique de la vie humaine » écrivait-il encore à l’occasion du 800e anniversaire de la fondation de l’ordre des Dominicains.

    Mais c’est surtout par son travail d’universitaire mené au sein du groupe de sociologie des religions qui œuvrait au sein du CNRS qu’il s’est fait connaître du plus grand nombre. Directeur de recherche en 1977 au CNRS, il explore inlassablement les trois axes qui guideront sa quête : la religion, la politique et la vie ouvrière. « L’homme du fer » est son chef-d’œuvre, que des générations d’enseignants et d’étudiants ont lu et relu. Cette série de quatre volumes, publiée aux Presses Universitaires de Nancy rassemble les textes, les témoignages et les souvenirs commentés par le Père Bonnet des mineurs et sidérurgistes lorrains de 1889 à la fin de l’épopée industrielle.

    Dans cette somme, qui reste aujourd’hui encore, un travail de référence, il témoigne de son attachement profond à la classe ouvrière. En 1981, il publiera « la « Ligne rouge des hauts fourneaux », consacré aux grandes grèves qui agitèrent le Bassin de Longwy en 1905. Il était la voix, la conscience et la mémoire d’une société disparue, avant que la maladie d’Alzheimer ne l’engloutisse. Mais ses travaux servent toujours de matériau de base aux recherches des historiens, anthropologues, qui étudient cette période de l’histoire de la Lorraine.

    Ses obsèques religieuses seront célébrées ce mercredi 23 décembre à 10h00 en l'église de Sainte-Menehould, berceau de sa famille.

  • Longwy. Les hommes, la guerre, le fer

    longwy.jpgLongwy, ville frontière. Entre le Pays-Haut, la Belgique et le Luxembourg, la cité occupe dans l'imaginaire lorrain un statut à part. Après avoir été longtemps une terre de conflits entre Bar et Luxembourg, entre France et Lorraine, entre France et Allemagne, elle s'impose aujourd'hui comme un espace d'échanges européens.

    Longwy, ville étoile. A la fin du XVIIe siècle, Vauban a imprimé durablement sa marque dans l'urbanisme, en créant une des plus belles places fortes de la ceinture de fer. Portes monumentales, vaste place et rues rectilignes sont au centre d'un dispositif bastionné entré désormais dans le Patrimoine de l'Humanité. Non loin de la ville, d'autres infrastructures militaires, celles de la Ligne Maginot, rappellent que le passé militaire de la région n'est pas si ancien.

    Longwy, ville du feu. Dès la Révolution, Longwy perfectionne la technique de la faïence puis des émaux qui ont fait sa renommée internationale. Après la guerre de 1870, l'essor de la sidérurgie profite à la ville pour transformer le minerai du Pays-Haut. Son visage s'en trouve transformé, au bénéfice de Longwy-Bas qui se développe à proximité des installations industrielles. La cité n'échappe pas aux restructurations industrielles de la fin du XXe siècle.

    Cette promenade dans le passé de Longwy rassemble les contributions des Ve Journées d'études meurthe-et-mosellanes d'octobre 2010 organisées à Longwy par l'Université de Lorraine.

     

    ‡ Longwy. Les hommes, la guerre, le fer, collectif, éditions Gérard Louis, 2013, 254 p., ill. (23 €).

  • Sidérurgie lorraine, nos plus belles années

    siderurgie lorraine.jpgL'ouvrage est un hommage par l'image et par le texte à tous ces hommes et ces femmes qui, grâce à leur savoir-faire et leur endurance, ont construit la sidérurgie lorraine, connu son apogée au cours des "Trente Glorieuses" et contribué à cette incroyable épopée industrielle. Il est aussi l'album de plusieurs générations, une mémoire vivante, pour des milliers de familles qui, des décennies durant ont vue les grands-parents, les parents, les enfants entrer à l'usine sans se poser de questions, juste après le centre d'apprentissage. C'était le "bon vieux temps", celui du "Texas lorrain", de la splendeur de l'acier.

    Ce livre nous raconte l'Histoire, celle des années bonheur où la sidérurgie lorraine tournait à plein régime et "boostait" l'économie régionale. A travers des centaines de photographies - toutes en noir et blanc -, dont la plupart sont inédites, le lecteur retrouvera la vie comme elle était vécue à l'époque. Le feu, les fumées, le haut fourneau, l'aciérie, l'agglomération, les bureaux... Mais aussi les cités, les écoles ménagères, les hôpitaux, les terrains de sports, les fêtes de Noël, les colonies de vacances... L'ambiance, les couleurs, les personnages, tout y est. Tous les sites lorrains aussi : Neuves-Maisons, Longwy, Villerupt, Pompey, Pont-à-Mousson, Hayange, Florange, Thionville, Gandrange, Joeuf et bien d'autres encore.

    Un beau livre-mémoire où l'on découvrira des paroles de sidérurgistes et des textes d'universitaires.

     

    ‡ Sidérurgie lorraine. Nos plus belles années, collectif, éditions Serpenoise, 2012, 151 p., ill. (30 €).

  • Longwy 1979

    longwy.jpg10 décembre 1978. La presse régionale lorraine annonce la suppression de 12 500 emplois dans le bassin sidérurgique de Longwy, dans le Pays Haut meurthe-et-mosellan. 19 décembre : 20 000 marcheurs de la colère et du désespoir ouvrent la page d'une résistance farouche au plan européen d'Etienne Davignon. Sous l'emblème lumineux d'un "SOS emploi" hissé au sommet du crassier, le cri de la communauté du fer atteignit l'ensemble du pays de France. Les ressorts d'un soulèvement pour que demeure la vie brossent l'histoire des rebonds imaginés par le monde ouvrier durant les six mois qui séparèrent la dramatique annonce de la signature d'une convention de protection sociale. "Coups de poings" fulgurants et défilés populaires alterneront leur potentiel communicant.

    Le passionné trouvera dans cet ouvrage, documents d'époque inédits, messages de grands témoins, coulisses secrètes de mises en scène spectaculaires, ressorts oubliés des grandes éruptions populaires. Les moments clés d'une époque singulières se succèdent dans une valse étourdissante. Un avant-goût de la mondialisation et de son cortège de désastres économiques et humains... aujourd'hui devenus triste réalité.

    L'auteur, Janine Olmi, native de Longwy, après avoir travaillé dans le secteur sidérurgique, s'engage dans un cursus universitaire. En 2005, elle soutient une thèse en science politique "Oser la parité syndicale" et publie en 2009 La Pasionaria Rouge, récit d'une vie.

     

    ‡ Longwy 1979. Les ressorts d'un soulèvement pour que demeure la vie, Janine Olmi, éditions L'Harmattan, 2012, 156 p. (16,50 €).