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angleterre

  • Anneau de Jeanne d'Arc : les Anglais déclarent la guerre à la famille de Villiers

    Le président du Puy du Fou, Nicolas de Villiers, chargé de rapporter la relique johannique d'Angleterre affiche une grande sérénité face aux menaces britanniques brandies pour la récupérer. Il explique sa stratégie de défense.

    Qui eût cru que ce modeste anneau de laiton porté il y a six siècles par la Pucelle d'Orléans déchaînerait tant de passions ? Certainement pas Nicolas de Villiers, lorsqu'il a pris la décision de l'acheter il y a plus d'un mois. Le 26 février dernier, il l'emportait aux enchères, pour un montant de 376.833 euros.

    Mais coup de théâtre, deux semaines après le retour en France de cet objet symbolique, l'Art Council of England missionné par le gouvernement anglais réclame l'anneau de Jeanne d'Arc. Pour appuyer sa demande, il brandit un règlement européen de 1992 d'après lequel il faut pour les biens culturels qui quittent le territoire national une licence d'exportation qu'ont omis de demander les acheteurs. Si l'anneau n'est pas rendu d'ici une dizaine de jours, l'autorité chargée des affaires culturelles en Angleterre menace d'exiger sa saisie conservatoire par les douanes françaises et sa mise sous séquestre avant que l'affaire ne soit réglée devant un tribunal.

    > Que répondez-vous à cette sommation de l'Art Council of England ?
    Nicolas de Villiers - Qu'elle est sans fondement solide, puisqu'en réalité, le règlement européen qu'invoquent nos amis Anglais pour récupérer l'anneau nous protège. Il y est précisé que l'obligation de licence d'exportation ne concerne que les biens culturels qui quittent le territoire de l'Union européenne. Entre les différents pays membres de l'UE, comme l'Angleterre et la France, ce même texte garantit au contraire la libre circulation de ces biens culturels. Les Anglais font là un détournement de procédure. Nous pourrions d'ailleurs aller plus loin en avançant un argument diplomatique de poids. D'après la Convention de l'Unesco de 1970 également invoquée par les Anglais, « sont considérés comme illicites l'exportation et le transfert de propriété forcés de biens culturels résultant directement ou indirectement de l'occupation d'un pays par une puissance étrangère. » Or l'anneau, dont il a été scientifiquement prouvé que c'est celui de Jeanne d'Arc, avait été confisqué par les Anglais pendant la Guerre de Cent ans, qui est une période d'occupation. Tous les éléments sont réunis. S'ils persistent, les Anglais vont vers un trouble diplomatique majeur.

    > À dix jours de l'échéance imposée par les Anglais, quel est votre état d'esprit ?
    Nous l'attendons de pied ferme, avec une grande sérénité. Cette aventure ubuesque ne nous fait pas peur. Je suis certain que nous gagnerons, mais je ne sais ni quand, ni comment. Cet anneau est tout ce qu'il nous reste de Jeanne d'Arc. Il est absolument hors de question de le céder. Les Anglais ont intérêt à affûter leurs armes parce que nous affûtons les nôtres et sommes prêts à monter au créneau.

    > Comment expliquer cet acharnement des Anglais ?
    Les Anglais savaient très bien ce qu'ils avaient dans les mains. Leurs archives sont abondantes à ce sujet. Leur erreur a été de sous-estimer non pas la valeur de l'anneau, mais la probabilité que des Français se présentent aux enchères. Probabilité d'ailleurs très faible, puisque nous-mêmes avons eu vent très tard de ces enchères et nous ne nous sommes inscrits que 24h avant. À cause de ce manque de vigilance, ils ont vu l'anneau quitter leur territoire sans avoir eu le temps de le préempter comme trésor national. S'ils tiennent tant à le faire revenir sur leur territoire, c'est pour rectifier cet oubli. Cette obstination est délirante quand on sait que cet anneau était celui d'une héroïne française brûlée par les Anglais. J'ai de nombreux contacts en Grande-Bretagne depuis que nous y préparons un spectacle sur leur Histoire. Et d'après ces échos, les Britanniques eux-mêmes voient mal comment le gouvernement anglais pourrait aller plus loin dans cette requête sans se ridiculiser. C'est amusant de voir qu'il est fort probable que nous ramenions les Anglais à la raison, eux qui sont d'habitude si raisonnables.

    > Vous-mêmes, jusqu'où êtes-vous prêts à aller ?
    Il est arrivé à mon père Philippe de Villiers d'affirmer qu'il irait en prison plutôt que de rendre l'anneau à l'Angleterre. Bien sûr, c'était dit sur le ton de la boutade. Tout d'abord parce que ce n'est pas lui le propriétaire de l'anneau. Il n'est donc pas juridiquement responsable. Et surtout parce que les fondements des accusations britanniques sont si légers que c'est impensable. Mais l'idée est là. L'achat de l'anneau nous a déjà prouvé que nous étions capables d'aller beaucoup plus loin que prévu dans cette affaire. Nous nous étions alors fixé un plafond de 210 000 livres, mais poussé par un irrésistible instinct, j'ai surenchéri jusqu'à le rafler à 240 000 livres.

    > Cette affaire a déchaîné en France un engouement surprenant. Vous y attendiez-vous ?
    Très honnêtement, nous avons été les premiers surpris par l'engouement extraordinaire suscité par la récupération de cet anneau. Depuis le début de l'affaire, les manifestations de joie, les réactions vives et passionnées, souvent touchantes, nous submergent par courrier, par mail, par oral. Hier encore, dans le train, une femme s'est adressée à moi d'un ton suppliant: « S'il vous plaît, ne rendez pas l'anneau aux Anglais. » Cela nous a surpris mais c'est aisément compréhensible. Cette affaire remonte à six siècles, mais elle est chargée de symboles qui donnent une image de la grandeur nationale. Je pense que les Français ont été heureux de voir que leur pays est encore capable de panache.

    > Aujourd'hui, que dites-vous aux Anglais ?
    Avec un sourire, je leur dirais : soyez bons perdants. Avec plus de gravité, laissez aux Français leur Histoire, laissez-les renouer avec leurs symboles.

    [d'après Le Figaro]

  • Jeanne d'Arc, du siège d'Orléans à la bataille de Patay

    jeanne d'arc.jpgAnnée 1428, la guerre entre l'Angleterre et la France fait rage depuis près de cent ans. Par le traité de Troyes en 1420, la couronne de France appartient officiellement à la dynastie des Lancastre. Un prince de 6 ans à peine, le petit Henri VI, s'intitule "par la grâce de Dieu roi de France et d'Angleterre." Les Anglais et leurs alliés Bourguignons dominent les territoires s'étendant au nord de la Loire, mais ne maîtrisent en rien les contrées situées au-delà du grand fleuve. Depuis Bourges règne Charles VII, héritier des Valois, revendiquant également pour son compte le trône des lys. Il est entouré de ses partisans, les fameux Armagnacs. Les deux camps se livrent une lutte acharnée. La France a deux rois. C'est un de trop !

    Durant l'été 1428, Bedford, régent d'Henri VI, décide d'en finir avec celui qu'il considère comme un usurpateur. Une puissante armée anglaise débarque à Calais, file vers la Loire et impose le blocus d'Orléans. Pour Charles VII, la perte de cette ville signifierait à coup sûr la chute de ses états. Il décide donc de la défendre coûte que coûte. D'octobre 1428 à mai 1429, les combats font rage autour de la cité ligérienne. La situation des assiégés paraît désespérée, jusqu'à l'arrivée d'une jeune paysanne venue de Lorraine et prénommée Jeanne.

    La Pucelle d'Orléans entre dans la légende. Dans son sillage, les Français retrouvent le goût de la victoire et volent de succès en succès, jusqu'à la bataille décisive de Patay.

    Cet ouvrage clair, vivant, sympathiquement illustré, propose de revivre ces heures de grande aventure.

     

    >> Du siège d'Orléans à la bataille de Patay, 1428-1429. Jeanne d'Arc sur le chemin de la victoire, Stéphane William Gondoin, Histoire & Collections éditions, 66 p., ill., cartes (15,50 €).