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Bleurville (88) : les poilus bleurvillois "oubliés"...

Nous venons de commémorer le 99ème anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale autour du monument aux morts qui conserve la mémoire des militaires Morts pour la France durant ce terrible conflit. Un passionné d'histoire locale s’est intéressé aux poilus du village vosgien de Bleurville décédés en 1917. Et à ceux qui ont été oubliés...

« Si mon grand-père a eu la chance de revenir de cette terrible épreuve, ce ne fut pas le cas de nombre de ses camarades de Bleurville puisque 42 jeunes gens originaires ou installés au village furent tués sur les différents théâtres d’opérations au cours de ces presque quatre années et demie de guerre » note notre historien amateur. Soit plus de 7 % de la population locale qui comptait 571 habitants en 1911.

La commune perdit quatre de ses enfants en 1917 : Edmond Béclier, Paul Bourgeois, Louis Grandclair et Henri Schuft. Le nombre des victimes est plutôt faible comparée aux autres années de guerre : 4 en 1918, 8 en 1914, 9 en 1916 pour culminer à 12 en 1915. Tous étaient des hommes du rang et appartenaient à des unités stationnés dans l’Est : le 11e génie et le 4e chasseurs à cheval d’Epinal, le 42e d’infanterie de Belfort et le 166e RI de Verdun. Trois de nos Bleurvillois sont tombés face à l’ennemi lors des offensives du printemps 1917 en Champagne et en Meuse. Seul le brigadier Schuft a succombé à un accident en service : affecté à l’origine au 4e RCC, il avait été détaché au 212e régiment d’artillerie. Cependant, tous n’ont pas leurs noms gravés sur le monument aux morts…

Des soldats oubliés

Au début des années 1920, lorsque la commune a décidé d'ériger un monument aux morts, les autorités de l'époque ont omis – volontairement ou non – d'inscrire sur la stèle l'exhaustivité des Bleurvillois qui étaient tombés au champ d'honneur : n'ont été retenus que ceux qui résidaient dans la commune au moment de leur décès – qu'ils y soient nés ou qu'ils s'y soient installés ultérieurement. « Nous avons ainsi retrouvé 11 poilus nés à Bleurville dont les noms ne sont pas gravés sur le monument aux morts » précise notre historien vosgien. La plupart avait quitté le village depuis quelques années pour « monter » à Paris afin d'y gagner leur vie, comme Aimé et Camille Béclier, Joseph Fèvre et Joseph Paris. D'autres s'étaient installés dans les Vosges, à Gironcourt-sur-Vraine, Châtenois, Ville-sur-Illon, Monthureux-sur-Saône, ou dans des départements limitrophes, à Bourbonne-les-Bains ou à Saint-Loup-sur-Semouse, ou plus loin, dans l’Aube.

Si leur village natal ne s'est pas souvenu d'eux à l'heure de leur mort, quelques-uns de ces poilus Bleurvillois ont cependant été honorés par leur commune d’adoption : ainsi, on trouve aujourd'hui des poilus nés à Bleurville sur les monuments aux morts de Noisy-le-Sec, Les Lilas et Pantin (Seine-Saint-Denis), à Saint-Loup-sur-Semouse et à Bourbonne-les-Bains. Deux natifs de Bleurville sont inscrits sur le monument de Monthureux, Charles Kremer et Louis Munier. Mais certains sont restés dans l'anonymat, comme Auguste Doiselet, Joseph Fèvre et Joseph Paris.

Peut-on espérer, à l'occasion du 100ème anniversaire de la fin de la Grande Guerre, que tous ces enfants de Bleurville Morts pour la France soient définitivement réunis sur le même monument de la mémoire ?

* * *

Les 11 "oubliés" du monument aux morts de Bleurville :

- BECLIER Jules
- BECLIER Camille
- BECLIER Edmond
- BOULANGER André
- DESBOEUF Jules
- DOISELET Auguste
- DOISELET Léon
- FEVRE Joseph
- KREMER Paul
- MUNIER Jules
- PARIS Joseph

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