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La conversion des Vosges au bio

Dans les Vosges, les rangs de l'agriculture « conventionnelle » s'éclaircissent au profit de la production bio.

 

marché bio.jpgAlors que de nombreuses villes moyennes attendent encore leur marché bio, une localité de la Vôge possède le sien depuis 12 ans. Il s'agit de Bleurville, entre Darney et Monthureux-sur-Saône. C'est le boulanger bio du village qui en avait eu l'idée pour redonner du « pep’s » à sa contrée. Une bonne dizaine de producteurs s'y retrouvent le premier samedi du mois, de 14 h à 18 h. Autre rendez-vous bien ancré : le marché bio à la ferme de Reherrey les deux derniers lundis de juillet et les deux premiers lundis d'août. Les Vosges sont aussi le théâtre de deux grandes fêtes « bio » : Relanges en avril et Le Tholy le 14 juillet, où se déplacent plus de la moitié des 120 agriculteurs bio du département.

 

L'engouement des consommateurs pour le bio suscite des conversions. Depuis janvier 2009, le pôle « bio » de la Chambre d'agriculture d'Epinal a reçu plus de 30 demandes d'agriculteurs « conventionnels » voulant changer de mode de production ! « C'est bien simple, il y a autant de producteurs bio dans les Vosges que dans les trois autres départements lorrains réunis », s'enthousiasme Eric Boon. Lui qui fabrique des fromages de vache (munster, tome et « chique », autrement dit fromage blanc caillé) n'a même pas à se déplacer sur les marchés pour écouler sa production : « Je suis sur l'axe Epinal-Gérardmer, en bordure de route, au col de Bonnefontaine, au Tholy ».

 

Pas question pour lui d'agrandir son troupeau d'une dizaine de vosgiennes, nourries au foin et à l'herbe, pour satisfaire toute la demande. « Je ne redoute pas la concurrence. Je milite pour l'installation de nouveaux agriculteurs ». Ce double actif (il est aussi artisan parquetier) avoue « commencer tôt et terminer tard ». « Transformer, c'est du boulot ! On bosse, mais on ne se plaint pas ». Et pour cause : plutôt que de vendre son lait aux laiterie à 0,29 € du litre, il le valorise à presque 2 € via ses fromages. Eric Boon, « près des 60 ans, mais pas près d'arrêter », souligne la « pression » qui pèse sur ses collègues : « De nombreuses communes essaient d'organiser des marchés bio. Mais il n'y a pas assez de producteurs. La demande des consommateurs augmente de 10 % par an et la production ne suit pas ». Sans compter les AMAP qui « accaparent les producteurs que, du coup, on ne retrouve plus sur les marchés traditionnels ». « On ne sent pas du tout la crise. Au contraire, c'est comme si les gens avaient besoin de se réfugier dans les vraies valeurs », conclut Eric Boon, qui prône le retour à l'esprit communautaire des fruitières du Jura. Et dire qu’il existait encore il y une quinzaine d’années dans l’Ouest vosgien près d’une trentaine de coopératives fruitières qui transformaient le lait au plus près du producteur…

 

[d’après l’Est Républicain]

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