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Philippe Henriot, la voix de la Collaboration

Professeur obscur d'un paisible collège du sud-ouest, le Champenois Philippe Henriot collectionne les papillons, écrit des poèmes, mène une vie discrète et rangée. Qu'est-ce qui pousse à 35 ans ce catholique traditionnel à se lancer dans la bataille politique et à s'engager dans une carrière qui l'amènera, après-guerre, des bancs de l'Assemblée au ministère de l'Information de Vichy en 1944 ? Ce champion des suspensions de séance, cet accusateur-inquisiteur a depuis toujours un ennemi viscéral, la franc-maçonnerie. Dans les années 1930, il en découvre un autre ennemi à pourfendre : le bolchevisme. A partir de l'invasion de l'URSS, Hitler devient pour lui le héros d'une nouvelle croisade.

Mais Henriot, au-delà de ses prises de position, c'est d'abord une voix. Une voix qui transfigure cette figure austère, une voix qui fascine, une voix qui vide les rues des villes quand, deux fois par jour, il parle à la radio. Au point que la Résistance et la France libre commanditent son exécution. C'est aussi un homme qui brûle, qui fascine, un homme haï, même de son propre camp, symbole d'un croyant qui a fait le choix d'abord de la droite extrême, puis de l'extrême droite collaborationniste sous Vichy.

Une belle biographie sans parti pris qui révèle la personnalité contrastée de l'homme Henriot, cet homme de l'Est égaré dans la Collaboration.

 

‡ Philippe Henriot. La voix de la Collaboration, Pierre Brana et Joëlle Dusseau, éditions Perrin, 2017, 402 p. (24 €).

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